‹ Souvenirs de Saint Cyr et de l'École d'État-Major (volume 2)Chapitre 27 sur 28 · LA COMPLAINTE · texte numérisé non relu

LA COMPLAINTE

Lorsque la complainte Cholet, illustrée par Chépy et d'Abrantès, fut-connue dans les salles du dépôt de la guerre, chacun sollicita la faveur d*y figurer. Alors, Cholet fut obligé de faire afficher cette dernière strophe :

L'auteur vient de trouver son centième couplet, Et, bien sûr d'être inscrit au temple de mémoire, Il ferme avec orgueil V omnibus de sa gloire, Et crie à l'univers... complet.

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main un bon instrument, on n'a pas su s*en servir.

Le corps créé en i8i8.par Tillustre Gouvion- Saint-Cyr, si maladroitement supprimé en 1880 par le ministre Farre, a été tout -simplement composé, depuis le jour de son organisation jusqu'à celui de sa destruction, de Télitc des officiers de notre armée.

Pendant ces soixante et quelques années, On a tiré de nos écoles militaires les sujets les plus instruits, les plus capables; on leur a fait faire des études spéciales qui auraient pu être plus' habilement dirigées, soit, mais qui n'en'étaient pas moins de nature à développer Tintelligence ; puis, lorsqu'on en a eu obtenu un faisceau d'hommes jeunes, actifs, instruits, prêts à tous les travaux de la guerre, on n'a pas su les utiliser. Qu'en -a-t-on fait? On les a laissés, pour la plupart, , dans les bureaux des divisions et subdivisions territoriales, où beaucoup se sont annihilés et ont pris des habitudes sédentaires, casanières; on les a employés à écrire des lettres banales et à un ser-

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vice pour lequel il ne faut ni intelligence ni instruction. N'eût-on pas dû, au lieu de cela, faire voyager les jeunes officiers à l'étranger ? Exiger d'eux l'étude et la pratique des langues allemandes, italiennes, russes? N'eût-on pas dû les remettre sans cesse en contact avec les troupes ?

L'instrument n'ayant pas été employé, perfectionné, est-il bien étonnant qu'au moment de s'en servir il ait été trouvé un peu rouillé ? Il ne Tétait pas cependant assez pour n'avoir pas été d'un grand secours au commandement , pendant la guerre de 1870-1871, et nous défions que l'on cite un corps de troupes, une division où les officiers du corps d'état-major se soient montrés inférieurs à leur tâche ?

Si un reproche quelconque a pu être fait à la création de Gouvion-Saint-Cyr, ce n'est pas à cette habile création qu'il faut s'en prendre, mais à la façon maladroite dont on s'est servi souvent d'un corps admirablement recruté, instruit, capable et dévoué.

Après la campagne contre la Prusse, le ministre

à Tétat-major de la 2® division d'infanterie de la garde impériale, il fit, en 1859, la campagne d'Italie contre l'Autriche, attaché au grand étatmajor général. Promu lieutenant-colonel le 10 mai, sous-chef d'état-major du i" corps, il se trouva à Magenta, à Solférino, eut son cheval tué sous lui à cette dernière bataille, le 24 juin, et revint en France, après la convention de Villafranca.

Le lieutenant-colonel Manèque fut envoyé à Lyon, chef d'état-major de la i'® division d'infanterie de l'armée de ce nom, après le défilé des troupes à Paris, puis appelé, le 24 novembre, aux mêmes fonctions, à la division de cavalerie de Versailles. Le 14 juillet 1862, cet officier supérieur, remarquable comme homme de guerre, vigoureux et intelligent,' embarqua pour le Mexique, sous-chef d'état-major du corps expéditionnaire. Le 2 juillet, pendant la rude campagne du Nouveau-Monde, il reçut la croix de commandeur, et, le 14 janvier 1864, les épaulettesde colonel. Rappelé en France, le 17 septembre 1864, le colonel Manèque entra au ministère de la guerre, chef du

d'Angleterre, et des ordres de Pie IX et du Medjidié. C'était un vigQureux soldat et un brillant officier, très capable, instruit et excellent chef d'état-major.

BoNNEAu DU Martrat (Edmond), général de brigade d'état-major, commandeur de la Légion d'honneur, né à Semelay (Nièvre), le i" mars 1813, élève de l'École polytechnique, le 1 3 novembre 1833, à Vàgt de vingt ans, sorti le !•' octobre 1835, avec le numéro 37 de sa promotion, ayant opté pour le service militaire et demandé à entrer à l'École d'état-major, y fut admis le i"janvier 1836, comme sous-lieutenant-élève, détaché du ii« régiment de chasseurs à cheval. Lieutenant au corps royal d'état-major, le i*' janvier 1838, ayant obtenu le numéro 4, il fut envoyé, pour son stage d'infanterie, au 14® d'infanterie légère, et pour son stage de cavalerie, au 6* de cuirassiers. Capitaine le 31 octobre 1 841, il devint aide de camp du général Hecquet, commandant une brigade d'infanterie à

Paris. En 1843, le capitaine du Martray obtint de

envoyé au Mexique pour commander le corps expéditionnaire au Nouveau-Monde, M. du Martray obtint de le suivre avec le titre de sous-chef d'étatmajor. Il fit cette rude campagne en celte qualité, remplit à plusieurs reprises les fonctions de chef d'état- major, et resta dans le pays, à la Vera-Cruz, jusqu'à la fin de la guerre. Laissé dans cette place avec la mission de régler un certain nombre d'affaires importantes avec les autorités mexicaines, il s'embarqua le dernier de l'armée française, le lô mars 1867, sur un paquebot transatlantique qui le ramena en France. En débarquant, il trouva sa nomination au grade de colonel, en récompense des services qu*il avait rendus, nomination datée du 30 mars 1867.

Attaché, de 1867 à 1869, au dépôt de la guerre; nommé chef d'état-major de la 2* division de l'armée de Paris, celle du général de Castagny, division envoyée au 3° corps de la première armée du Rhin, il fit avec elle la guerre de 1 870-1 871, prit part à toutes les batailles et combats autour de Metz, à la défense de cette place, et fut pri-

■ Rossi {Néponis-Pierre-Alphonse-Félix-Marie), intendant, militaire, commandeur de la Légion d'honneur, né à Alexandrie (Piémont), de parents français, le 4 juin 1813. Admis à Saint-Cyr le ■ 25 novembre 1833, après avoir contracté un engagement volontaire, sous -lieutenant le i" octobre 18-55, "■^Ç" ^ l'École d'application d'ctatmajor le 1" janvier 1836, officier-élève, détaché du 14* léger, lieutenant au corps royal d'étatmajor le 1" janvier 1838, fut envoyé le 3 février au I" léger pour y accomplir son stage d'infanterie. Il passa, le 5 mai 1840, aux travaux topographiques de la carte de-France, avant son stage de cavalerie, qu'il fit du 2 mai 1842 au 26 mars 1844, ■ au 3* de chasseurs à cheval de France, comme capitaine, du 2 janvier 1842.

Rentré à la carte de France, le 26 mars 1844, M. Rossi, à la suite de brillants examens, fut admis, comme adjoint de i" classe, au coros de l'intendance militaire, le 10 aoQt 1844, et pour son stage àCarcassonne. Adjoint de 1 le 30 juin 1847 étant à Avignon, il fut à &

études et entra à Saint-Cyr en 1833. Caporal le II septembre 1834, sergent le 30 novembre, il en sortit en 1835, sous-lieutenant au 6« de ligne du i*"" octobre. Admis par son numéro à cgncourir pour rÉcole d'application d'état-major, il y fut reçu le i*' janvier 1836. Lieutenant au corps royal d'état-major, le i®"" janvier 1838, il fut envoyé au 66* de ligne pour son stage d'infanterie, à la brigade d'occupation d'Ancône, et au i*' de carabiniers pour son stage de cavalerie. Capitaine le 2 janvier 1842, successivement aide de camp des généraux de Brack, Davesies de Pontés, il fut attaché le i®'' novembre 1848a la personne du prince Jérôme Napoléon, l'ancien roi de Wesphalie, gouverneur des Invalides, qu'il quitta le 9 janvier 1849 pour entrer à l'état-major du ministre de la guerre.

Chef d'escadron le 10 août 1853, décoré et attaché à l'état-major de la i2« division militaire territoriale, il embarqua en mars 1854 pour l'Orient, à l'état-major de la r« division d'infanterie (Canrobert) du corps expéditionnaire. En août, ayant

dans les sciences exactes, il fut nommé professeur adjoint d'astronomie et de géodésie à l'École d'étatmajor, et y devint professeur titulaire le lo janvier ' 1848. Le 10 mai. 1852, il reçut la croix de chevalier de la Légion d'honneur et fut promu chef d'escadron au tour du choix, le 2 octobre 1855. Pris comme aide de camp par le maréchal Randon, ministre de la guerre, officier de la Légion d'honneur le 15 août 1860, il ne tarda pas à être investi des fonctions importantes de secrétaire du comité de gendarmerie.

Lieutenant-colonel le 22 août 1862, M. de Linage prit le commandement en second et la direction des études à l'École d'état -major. Il occupait cette position au moment de la déclaration de guerre à la Prusse, le 15 juillet, exerçant ses fonctions avec une haute intelligence et une grande aménité. Sur sa demande, le 19 août 1870, il quitta l'École d'application pour devenir chef d'état-major de la 2* division d'infanterie (Liebert) du 7* corps (Félix Douay) à l'armée de Sedan.

Le i" septembre, à la bataille de Sedan, il fut

zèle, son application à l'étude, lui valurent les galons de caporal le ii septembre 1834, ceux de sergent-fourrier le i®' mai 183 «5 et de sergent-major. Sorti dans les vingt premiers de sa promotion, il fut nommé sous-lieutenant au 11® de ligne, son ancien régiment, le i®' octobre 1835, et usant de la faculté que lui donnait son numéro de sortie, il concourut pour l'École d'application d'état-major, où il fut reçu le i" janvier 1836.

Lieutenant au corps royal d'état-major, le i^"" janvier 1838, il obtint de faire son stage régimentaire d'infanterie au 26® de ligne, alors en Algérie, où il fit plusieurs expéditions. Passé au 2® de carabiniers, le II avril 1840, il quitta ce régiment, le 30 juillet de la même année, pour terminer son stage de cavalerie au i""' de chasseurs d'Afrique, au camp de Mustapha sous Alger. Il fit de nouvelles expéditions avec ce corps. Dans Tune d'elles, le 3 mai 1841,11 fut blessé d'un coup de yatagan à la main. Il fut cité dans le rapport du gouverneur général en date du 13 mai, pour avoir, dans ce combat du 3 mai, sauvé la vie à un de ses chasseurs et tué trois

général d'Arbouville, commandant une division d*infanterie de l'armée des Alpes. Il se trouvait à Lyon en juillet 1849, ^^^^ ^^s émeutes de cette ville. En menant les troupes à l'attaque de la Croix- Rousse, il fut blessé d'une balle à la tête. Cette nouvelle blessure et sa vigoureuse conduite le firent nommer chef d'escadron. Il resta auprès de son général et ne le quitta qu'en 1852 époque delà mise au cadre de réserve de ce dernier. Le 31 juillet 1849, le commandant fut placé à Tétat-major de la 6® division militaire, où il se trouvait lors de 1^ formation du premier corps expéditionnaire envoyé en Orient.

Attaché à l'état-major de la 2« division (Bosquet), il embarqua un des premiers pour l'Orient en mars 1854, se trouva à la bataille de l'Aima et vint devant Sébastopol. Le siège de la ville russe ayant été résolu, le commandant Raoult sollicita et obtint le poste périlleux d'aide-major de tranchée, veillant nuit et jour, constamment en butte aux projectiles ennemis, il signalait les sorties du haut du clocheton^ voyant, qui se passait dansla place, du haut du plus

Raoult fut prise. La victoire était impossible, il ne quitterait pas le champ de bataille et se ferait tuer. Il a malheureusement trop bien tenu ce serment.

Je connaissais beaucoup Raoult, nous étions de la même promotion à TÉcole de Saint-Cyr :

j'avais pour lui la profonde estime, qu'il méritait, ' et bien qu'ayant quitté les rangs de Tarmée depuis longtemps, j'avais toujours suivi de l'œil son existence militaire avec le plus vif intérêt. Me trouvant dans l'atelier d'un peintre de mes amis, où étaient réunies plusieurs personnes, vers le milieu de l'hiver dernier, j'entendis, un beau jour, prononcer le nom de Raoult.

Un des assistants racontait de la manière suivante les derniers jours du brave général. On va voir que personne n'était plus autorisé que le conteur à faire ce récit, puisque sur le champ de ba-» taille même de Frœschwiller, et pendant un grand mois ensuite, au château de Leusse, il avait soigné le général, non seulement avec le dévouement d'un camarade, mais avec la tendresse, la sollicitude d'un frère.

blessé, le reconnait, car il a combattu près de lui. en Afrique. Il lui serre la main en le plaignant, et "s'empresse de le faire transporter dans une cabane;' puis il envoie prévenir le prince royal de Prusse. Ce dernier ne tarde pas à arriver.

Aussitôt, et sans se soucier des terribles souffrances qu'il endure, Théroïque Raoult se soulève : « Monseigneur, dit-il au prince, je vous présente mon aide de camp, qui, malgré mes ordres, a refusé de m'abandonnt^r, voulant suivre mon sort. » Le prince me regarde, fait le salut militaire, me serre la main : « Vous êtes libre, monsieur, me dit-il, en récompense de votre dévouement. Je vais donner des ordres pour que votre brave général et vous soyez transportés. Hâtez-vous de gagner Strasbourg ou Paris, pour que votre cher blessé reçoive les soins nécessaires à son état. » Il nous quitte alors et nous envoie son premier chirurgien.

Je n'oublierai de ma vie la parole sympathique du prince, sa tournure militaire, belle et sans raideur, son affabilité.

attendu qu'une sorte de typhus a régné au château de Leusse et que je Tai subi comme les autres habitants de Reischoffen, mais je dois avouer que depuis mon rétablissement tout m'a réussi.

Pendant mon séjour dans la maison hospitalière du comte de Leusse, seul valide, avec notre hôte, je m'asseyais à table en face de lui pour Taider à en faire, les honneurs. Nous étions souvent de douze à seize convives. Là vinrent prendre place successivement les plus grands personnages de l'Allemagne, le prince de Saxe-Weimar, beaufrère du roi de Wurtemberg, général de cavalerie et inspecteur des ambulances, des chevaliers de Saint-Jean et bien d'autres.

Le prince de Saxe-Weimar s'occupait avec une sollicitude touchante des blessés dont le château et le village étaient encombrés. Il leur prodiguait ses soins et ceux de ses ambulanciers. Or, voyez comme est grand le hasard :

Un jour, le comte de Leusse reçoit parmi ses hôtes ce prince ; il lui fait une visite et le trouve

L'état de mon héroïque blessé ne tarda pas à empirer. Dans la même chambre que la sienne étaient les colonels de Gramont et de .Vassart. Ce dernier, blessé de trois balles dans les reins, succomba le 7 août. M. . de Gramont, soustrait au foyer d'infection dans lequel nous étions contraints de vivre, guérit, malgré l'opération terrible qu'on lui avait faite sur le champ de bataille de la désarticulation du bras gauche. Le général, qui avait vu avec peine ses compagnons d'infor- ; tune transportés ailleurs, fut chloroformé le

22 août. On lui fit une large entaille par laquelle on put extraire de la blessure de fortes esquilles provenant du fémur brisé. Ce fut la seule fois que Ton pansa l'excavation produite par la sortie du projectile.

Il importait de ne pas faire souffrir inutilement le malheureux condamné à une mort certaine. Le

23 août, je fermai les yeux au commandant Warmé, du 99'. Une balle entrée au-dessous du cœur était incrustée d'un fragment de sa croix d'officier. Je plaçai sous enveloppe cette çroiiç et la montre de

Le 29, l'aumônier et les médecins quittèrent le château du comte de Leusse. Cette circonstance fut très sensible au pauvre général et lui porta le dernier coup. A partir du 30 août, il s'affaiblit considérablement, et, malgré sa forte constitution, il devint facile de prévoir sa fin prochaine. Sa plaie était horrible à voir, et il en supportait le pansement, toujours difficile et douloureux, sans la moindre plainte. Son regard interrogeait sans cesse le mien, lorsque la fatigue ne fermait pas momentanément ses yeux.

Le !•' septembre, j'eus encore la douleur de recevoir le dernier soupir d'un brave soldat et d'un charmant camarade, le capitaine comte de Saint- Sauveur. Il mourut étouffé par une angine couen- ■ neuse, conséquence d'une blessure qui lui traversait la poitrine ; il avait vingt-huit ans. Quelques heures après sa mort, ses traits ayant repris leur calme, il ressemblait, avec sa longue barbe blonde et ondoyante, avec les belles lignes de son visage, avec sa taille élégante, à ces images du Christ peintes par les grands maîtres.

passé aux Allemands. Au lieu de cela, Raoult, offrant sa poitrine aux coups de nos adversaires, et rassemblant, pour tenir jusqu'à la dernière exlrcmité, les tristes épaves de sa belle division, Raoult refusait de quitter le champ de bataille, et tombait glorieusement, victime d'un acte militaire auquel il avait cherché à s'opposer.

Il ne pouvait se consoler en pensant qu'il avait vu périr autour de lui, écrasés par la mitraille, ses vieux compagnons d'Afrique, de Crimée et d'Italie.

Le 4 septembre, tout ce que l'ennemi avait d'officiers et de soldats valides autour de Reischoffen fut convoqué pour rendre les derniers honneurs à celui pour lequel ils professaient une réelle admiration.

Après ces paroles, qui nous avaient si fort intéressés, le dernier ami du pauvre général Raoult resta silencieux.

— Monsieur, lui dis-je, vous avez bien voulu nous laisser espérer que vous nous feriez con-

de rester à Stuttgard, ville dans laquelle je trouverais de belles bibliothèques et toute facilité pour continuer des études sur les chevaux, travaux auxquels j'attachais une très grande importance, et que je désirais mener à bonne fin pendant ma captivité. Je savais, en effet, que la capitale du Wurtemberg et ses environs possédaient les plus beaux haras de chevaux arabes. Le prince connaissait mon aventure du champ de bataille de Frœschwiller, ma rencontre avec le prince de Prusse ; je le priai de faire valoir en ma faveur la liberté qui m'avait été rendue et dont je n'avais pas voulu profiter. Il sourit, me recommanda de laisser partir seuls mes compagnons d'infortune, et, me serrant affectueusement la main, me quitta.

Je ne tardai pas à être informé officiellement que j'étais interné à Stuttgard, avec liberté d'action jusqu'à trois lieues aux environs de la ville. Je fus aussitôt remercier le prince de Saxe-Weimar, qui, à toutes ces bontés, ajouta celle de mettre sa bourse à ma disposition. Je n'étais pas

roi Jérôme à Waterloo. Cet excellent homme, avec ses quatre-vingt-deux ans, travaille encore un cheval tous les matins. Il est Tinventeur d'un cheval mécanique dont les membres, mus au moyen de ressorts, s'agitent et arrivent à toutes les défenses du cheval vicieux.

Chaque jour, quand j'étais à Stuttgard, je me rendais dans les écuries du roi, lesquelles renferment les plus beaux spécimens des races du pays et les plus beaux types de la race arabe. Enfin, j'ai été mis en rapport avec les savants de Munich, j'ai obtenu très facilement de visiter les belles collections de cette ville.

J'ai constaté qu'en Allemagne le travail intellectuel, les arts et les sciences sont complètement en dehors de la politique. Ainsi, Stuttgard serait pour moi un des plus agréables souvenirs de mes nombreux voyages, si le sombre voile jeté sur notre malheureuse France par les désastres de la guerre étrangère et de la guerre civile pouvait faire vibrer dans mon cœur une corde autre que celle de la tristesse. A mon départ du Wurtem-

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