A L ECOLE D ETAT-MAJOR
etpar la jolie Mathea... j'avais vingt ans... J'expliquai aux habitants d'Ellisade Tobjet de ma mission, et sans me rendre compte que j'allais peut-etre compromettre ma carriere, moi d6']k presque officier dans Tarmde fran^aise, sous un gouvernement hostile au parti carliste, je proposal a Maroto, que Ton avait prevenu, et qui etait descendu au salon, de le mener par la montagne du pays basque k un cottege oil il trouverait un guide pour le faire passer en Espagne. L'orgueilleux, l^che, imbecile et traitre gdndral me dit quMl allait revenir. 11 monta s*affubler de son uniforme, de ses decorations, et descendit nous rejoindre. Je crus qu'il etait devenu fou. — Un general espagnol, me dit-il en mauvais fran^ais, ne saurait rentrer dans son pays comme un transfuge.
— He bien, lui dis-je alors, mon general, vous pouvez partir avec qui vous voudrez, ce n'est pas moi qui vous guiderai. La marquise et sa soeur eurent toutes les peines du monde a le faire revenir sur sa resolution, du moins en apparence, car
franchement, je crois qu*il voulait seulement faire ce qu'on appelle de Vesbrouffe^ k moins que son intention secrete fOt de se faire arr^ter et interner de nouveau k Tours ou k Bourges, pour ne pas courir les dangers de la guerre (il etait assez lache pour cela). II prit un deguisement basque et jele menai au cottege, ou je le laissai aux mains du guide qui avait accompagn6 mon frere.
On sait ce qui advint. Get inMme coquin trahit, pour de I'argent, son roi, qui n'eut pas la force de le faire arr6ter. Le malheureux prince n*osa meme pas sauver de la mort plusieurs de ses meilleurs serviteurs, au nombre desquels le brave et fidele don Pablo Sans, colonel du 5® de Navarre, que I'assassin Maroto fit fusilier!...
Nous vimes repasser a Bayonne les debris des pauvres et heroiques bataillons de Tarmee carliste. La marquise et.sa soeur furent interndes ^ Mont-de-Marsan.