LECHELLE DE CORDE — LE BAL
ture et me fut tres favorable a mes examens de sortie d'ecole, car il 6tait un des membres du comite charge de notre sort.
Cependant, Taffaire du bal de I*0p6ra s'etait un peu ebruitee, le general Miot sut que plusieurs de ses eleves avaient 6te a ce bal. Pendant la r6cr6ation de midi, il vint dans nos chambres pour nous recommarider de ne pas le forcer a nous punir. Mon domino etait encore sur mon lit, je n*eus que le temps, lorsque le bon general entra, de fermer mes rideaux.
Une autre fois, la fameuse fenetre de de la Barre donna lieu a une autre aventure. Un de nos camarades, mort tout rdcemment general, et qui avaif . ete longtemps aide de camp de TEmpereur, Waubert de Genlis, homme du mbnde, plein d'esprit, vint nous prier de lui preter pour le soir notre 6chelle de corde et le passage par la chambre. A onze heures, notre homme arrive en habit,- era-** vale blanche, etc.
11 etait invite a un bal o^ il savait trouver line jeune femme qui lui tenait au coeur* Au^dessous
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de la fenetre de de la Barre se trouvait un grand tonneau de quatre pieds d'eldvation servant pour Teau k donner aux chevaux de fiacre stationnaDt prts rficole d'dtat-major. En face de ladite fen6tre, ^taient celles de I'appartement d'un de nos capitaines. Ce soir-1^, il faisait un magnifique clair de lune. En vain nous fimes observer k Waubert de Genlis le danger qu'il va courir, rien- ne peut le retenir, il descend les premiers Echelons puis saute k terre, mais il manque son coup, tombe au beau milieu du grand tonneau. Notre homme, apres cette baignade nocturne ne se trouble pas, il remonte dans la chambre de de la Barre, lui emprunte ses habits (ils etaient de la meme taille), repasse par la fenetre, monte en fiacre et se fait conduire k son bah Le capitaine avait 6t6 t^moin du plongeon, il aper<joit notre homnie redescen-J dant, et cette fois dvitant le malencontreux ton-' neau. II fut tellement en admiration de ce trait, qu'il n'eut pas le courage de faire connaitre Tescapade et d'infliger les arrets a Tintrdpide souslieutenant*
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Mats lout cela avait ^venti la mfeche, il fallut renoncer h I'richelle de corde, on mil des barreaux i nos feoStres sur la rue. Heureusemeat le carnaval tirait & sa fin. Deux d'entre nous tent^rent de se mettre bien avec le concierge de I'Scole, cerbere faisant montre d'une rigidity inBexible, mais qu>, se laissant s^duire par I'appdt de quelques pieces de cent sous, consentit tacitement k ouvrir doucement la porte de sa loge & trois ou quatre d'entre nous, la nuit, lorsqu'ils le prtvenaient d'avance.
On voit que tout n'6tait pas Opines sans roses a cette bienbeureuse ficole oil Ton nous trailait, du reste, avec une bienveillance extreme. On fermait parfois les yeux sur nos petites peccadilles, et Ton avail raison.
Un autre true dont nous usions le samedi pour decamper ^tait celui-ci : Le g£n6ral commandant ouvrait ses salons la veille au soir du dimanche. Or, le jour consacr^ au repos, il n'y avait pas de manfege, I'appel n'avait lieu qu'ik onze heures. Comme on pouvait sortir pour dejeuner les ab-
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sents de la nuit ^taient censes rentrer apr6s leur repas du matin.
Les officiers-dlfives qui voulaient passer la ouit dehors, en quittant les salons du general, se jetaieat dans un des fiacres appel^s dans la cour de I'Ecole par les strangers venus k la soirde el se faisaient conduire oCi ils voulaient.
On est malin k vingt ans, lorsqu'il s'agit de
LE CHAPEAU DE l'OFFICIER d'eTAT-MAJOR — LE CHAPEAU DE DIMENSION — LE CHAPEAU EN BATAILLE ET EN COLONNE — LA PLUME.
Je me trouvais a I'ficole d'application sous le ministere du mardchal Maison qui gratifia le corps de plusieurs ordonnances passablement ridicules. De ce nombre les suivantes :
II fut present un beau jour, de par le ministre, aux officiers d'etat-major de cesser de porter la mou^stache et la mouche. Quelque temps apres, ordre fut donne de laisser pousser mouche et moustache. Enfin une troisieme decision rendit facultatif aux officiers du mdme corps ces deux embellissements des levres sup^rieures et inferieures.
Dire que le grave Moniteur universel, VOfficiel dealers, 6tait contraint de prater ses colonnes pour
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enregistrer de semblables niaiseries. Eh bien! il y eut plus fort que cela, comme chez Nicolet. Void deux mesures plus jolies : En 1836, le ministre marechal Maison rendit une decision en vertu de laquelle le chapeau servant de coiffure auxofficiers du corps d*6tat-major et porte de la fa^on dite en bataille aurait des dimensions identiques et les memes formes, i Text^rieur, pour toutes les tetes, heureux encore que la forme interieure fQt laissee libre et de fa(jon k ce que le m6me chapeau ne fut pas prescrit pour tous les occiputs. Comme bien Ton pense, les officiers n'execut^rent pas cette ridicule decision, mais a Tficole d'application, ou les deves dtaient sous la surveillance immediate et journaliere de leurs chefs, force leur fut d'avoir le chapeau de dimension, Le dimanche qui suivit la mesure prescrite, k Tinspection du matin, Ic capitaine de service, un double decimetre a la main, vint mesurer gravement chaque chapeau, mais lorsque, la chose faite, il vit le sous-lieutenant C..., Styaiit pres de six pieds de taille, la tete surmontde 4'une coiffure qui parajssait pour lui celle d*i|n
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bdbe, et le sous -lieutenant de L..., n'ayant pas cinq piedSj la tdte sous une esp&ce de cloche k melon, il ne put s'emp^cher de rire aux Eclats de cette tnascarade ministdrielie. Tousnous en fimes autant.
II en resulta que, dans Tinterieur de r£cole, les ofiiciers-el6ves furent bien contraints de s'affubler du chapeau rdglementaire, mais qu'aussitdt sortis, ils couraient rue de Bourgogne, chez le coiffeur Dalischamp, oil chacun avait deposd une coiffure ayant le sens commun.
On eut le bon esprit, k Tficole, de fermer les yeux sur cette inobservance du curieux ct grotesque reglement.
Un autre ministre, trois ans plus tard, le gdn^ral Bernard, trouva quelque chose d'encore plus fantastique h Tendroit de la coiffure des officiers du corps d'etat-major.
Le 8 Janvier, il rendit une decision en vertu de laquelle le chapeau continuerait a etre portd en bataille, dans Tusage ordinaire de la vie, mais serait place en colonne, pour les d6fili6s, sans
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doute parce qae la troupe d^filant en colonne, les officiers d*6tat-major auraient paru faire une sorte d'opposition en conservani le chapeau en bataille.
Cette plaisante mesure ne dura pas longtemps; void pourquoi : Un jour, mon camarade, le petit Bon de Lignim, adjudant-major au 53* de ligne, en garnison a Paris, conduit les gardes de sod regiment sur la place Vendome pour le ddfili des condamnes et, ayant mis sa troupe en mouvement pour passer devant le colonel deTissi^res, major de place, il arrive k cinquante pas du colonel. II place alors brusquement son chapeau, jusqu'alors en bataille, dans la position dite en colonne, essayant de le faire tenir en Tenfon^ant d'un coup de poing. Hilarity g^nerale sur la place. Le colonel se Mche, et ayant r^uni les adjudants-majors de service, dans son bureau, apres le d6fil6, il veut admonester de Lignim qui, muni de la decision Bernard, la pr^sente a lire k Texcellent de Tessiferes. Ce fut le coup de mort de cette merveilleuse mesure,
Quand on pense que c*est k des sornettes de ce