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dans la main dreite, mais au port d'armes dc cette ^poque, le fusil dans la main gauche, la paume de la main sous la crosse. lis attendaient ainsi sans bouger la fin de la recreation. Cette punition stupide pouvait 6tre dangereuse. Eh bieni la force de rhabitude me Tavait rendue indiff^rente. La seconde ann^e de mon s^jour k Tficole, je dormais debout, mon fusil dans la main, sans avoir le bras ankylosd.
L'apres-midi 6tait consacr6 k Texercice. Jusqu'^ ce que le consent sQt exdcuter le maniement des armes avec la derni^re perfection, chaquenouvel arrive dtait instruit par son ancien avec un soin, une s6v6rite dont rien ne saurait donner une
id6e. Aussiy la tenue des armes et du fournimenti I'exercice, les manoeuvres, les dcoles du fantassin (la section de cavalerie n'existait pas encore k Saint-Cyr), en un mot, tout ce qui a trait k la partie matdrielie de Tdducation du soldat dtait pousse k un tel point de perfection que I'ficole m^ritait et mdrite encore le nom du premier baiaillon de France.
La thiorie sur les ficoles du soldat, du peloton, du bataillon devait fitre apprise et r^pfit^e mot pour mot ; cbacuD ^tait txeici k passer par toutes les fonctions de ces diverses 6coIes qu'il commaDdait k plusieurs reprises la seconde annee. AUernativement chef de section, chef de pelotoa, adjudant-major, chef de batailloa, obiigd de dgtailler i pleine voix les divers mouvements avaat de les fatre ex^cuter, uq saint- cyrien, k la suite de ses deux annees pass^es au bakut, dtait en ^tat de faire bien maoceuvrer ud bataillon, de voir et de rectifier les fautes de chacun. 11 eo dtait d6)k ainsi sous le premier Empire, car, lors d'une revue de Napolfion I", oil Saint-Cyr avait iti appeie, il se passa te fait suivant. L'empereur present k un ^leve de r£cole de prendre le commandement d'un des bataillons de la garde et de lui faire ex6cuter le maniement des armes. Les vieux grognards, mdcontents d'etre commandes par uo blanc-bec, ob6issent moUemeaE.
t Au temps.'.'! > leur crie le saint-cyrien, et il fait recommencer le mouvement.
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Napoldon, ravi, donne imm^diatethent au jeune homme Tepaulette de sous-lieutenant.
Le lieutenant-colonel Vi^not etait plus sp^cialement charge de Tinstruction pratique. C'6tait la thdorie du fantassin faite homme. L'^16ve n'etait considdre parlui, qu'autant qu'il avait un beau port' (Varmes. Un eleve edt tu6 p^re et m^re, le colonel eflt peut-etre, a cela, trouv6 des circonstances att^nuantes s'il eflt eu un beau port dCar^ mes, Ce brave homme avait fait tout son avancement comme sous-officier, officier et mdme officier supdrieur dans les dcoles militaires de Fontainebleau, de la F16che, sous le premier Empire, de Saint-Cyr, sous la Restauration et le gouvernement de Juillet, C*6tait un type que toute Tarmee a connu, une spdcialitd pour Texercice, mais il ne fallait pas lui demander autre chose, D6]k, sous le general Bellavene, les 61^ves lui avaient donne le surnom de Robustus. De mon temps, lorsqu'on n'etait pas satisfait de Robustus, lorsqu'il avait commis quelque mdfait dont on avait, ou dont Ton croyait avoir k se plaindre, on le punissait par
une muette. Le batailloD ex^cutait tous les mouvements du maDJement des armes avec une r^gularit£ parfatte, mais les mains attaquaient les armes sans le moindre bruit. Vignot, qui ne pouvait os- ' tensiblemeat trouver des fautes & punir, les mouvements 6taat r£guliers, roulait des yeux furibonds de ia droite d la gauche du bataillon, s'agitait, march^it i grands pas sur le front de bandi^re. II semblait un sanglier attaqu^ dans sa bauge.
Malheur alors ^ celui qui commettait la moindre faute, qui emboitaic mal le pas ou n'avait pas le tact des coudes, la salle de police ne tardait pas k compter une victime de plus.
J'ai racont^, dans le livre que j'ai public sur la FItche (le Panthion Jlichois), ce qui m'etait arrivi avec Robustus, la veille de mon depart de I'Eeole, k la revue d'honneur du g^nSral inspecteur. Cette anecdote pouvant donner la juste mesure de I'intelllgence et du caractfere du brave of&cier, je la reproduis ici succinctement.
Au mois d'aoQt 1834, nous edmes pour inspecteur g^n^ral le baron de Lort, brillant officler de
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cavalerie, peu initi6 aux manoeuvres de Tinfanterie, at aide de camp du roi Louis-Philippe.
Apr&s que les sergents-majors eurent fait manoeuvrer le bataillon, k la revue d'honneur, avec beaucoup de brio, et avant le ddfild, le g^ndral faisaat compliment au colonel Baraguey d'Hilliers, alors k la tete de r£cole, sur la fa(;on dont ses sous-officiers commandaient le bataillon. «: Tous mes 616ves, repondit le colonel, peuvent en faire autant. — Ahl parbleu, je veux voir cela) dit I'inspecteur, qui passait alors k la gauche du bataillon ou j'etais en serre-file comme guide gdndral. Voyons celui-ci ? — Prenez le commandemeht du bataillon, » me dit le colonel.
Aussit6t, me portant devant le front, je fais faire un roulement, et de ma voix la plus forte je crie : « A mon commandement I » Puis jefais porter les armes et j*attends.
Le g^ndral vient pr6s de moi et me dit : « Commandant, faites^exdcuter une marche en bataille k la baionnette. » Le bataillon marche cent metres au pas de charge, aligns au cordeau. — Bravo I
s'dcrie le boa gdn6ral, faites arreter. Voyons, un rdgiment de cavalerie vous menace sur votre gauche, que failes-vous > — Aussit6t je commande la colonne double et fais former le carrd. — C'est bien, mais il vous faut gagner uoe positioa ea avant & deux cents metres, et pendant ce temps vous pouvez £tre chargd. Quelles dispositions prenez-vous f — Robustus s'approcbe de moi et me souffle ^ I'oreille : Faites rompre le carr£ et former la colonne. Ainsi le present, en effet, I'ordonnance. Mais croyant avoir saisi la pens^e duginiral, je commande : Deuiifeme et troisieme faces, par le tlanc gauche et le Oanc droit, quatri^me face, demi-tour, carrd en avant, guide au centre, pas de charge. Je me place an milieu et je gagne ainsi la position indiquee.
— Ttts bien, jeune homme, me dit le gdn^ral inspecteur, faites former les faisceaux et rentrez k votre compagnie. Enchants, ravi, je reprends mon rang et je re^ois les felicitations de mes camarades. Apres le d^fil^, un adjudant vient me chercher. Naturellement, je crols qu'on m'appelle