‹ Souvenirs de Saint Cyr et de l'École d'État-MajorChapitre 5 sur 37 · EXISTENCE JOURNALIERE · texte numérisé non relu

EXISTENCE JOURNALIERE

pour me faire des compliments. On me mene devant Robustus, qui, comme un jour de muettCy se promene I'oeil en feu, le menton dans la main. — Ou avez-vous vu, me dit-il, dans rordonnance, qu'on fasse marcher un carr^ ? Adjudant, menez monsieur a la salle de police pour quatre jours. Quatre jours de carcere duro^ et Ton devait quitter TEcole le lendemain ! Me voili done, prenant tout penaud le chemin des prisons, songeant avec ddsespoir que j*ai encore deux fois quarante-huit heures a habiter le vieux Bahut, dans une boite cellulaire, au lieu d'aller passer la jambe au Palais-Royal ou sur le boulevard. Hcureusement, je rencontre sur mon chemin le colonel Baraguey d'Hilliers. « C'est bien, me dit-il, jeune homme, vous avez cr^nement fait manoeuvrer votre bataillon, le general est tres content. — Merci, mon colonel, mais le lieutenant-colonel n est pas aussi satisfait, car il mMnflige quatre jours de salle de police pour avoir fait marcher le carre, au lieu de reformer la colonne double. Baraguey ne put s'empecher de partir d*un eclat de rire, puis il dit

& I'adjiidant : « C'estbien, ramenez monsieur au bataillon. » De loin, je vis les deux colonels s'aborder, Robuslus gesticulanl pour prouvcr sans doute que j'avais commis un gros crime et que la lev^e demapunition etait I'abotnioation de la desolation, je sus, depuis, que le general de Lort et le ■ colonel Baraguey s'elaient fort amuses de cette histoire.

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— LE COLONEL BARAGUEY d'hILLIERS — SA RECEPTION

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