VOL TERRA. — ACADÉMIE
querde faire à chacun d'eux l'éloge di questo ilhistrissimp signore, qu'il avait eu l'heureuse chance d'ameoer dans le pays. Tout le monde parla longtemps à la fois, et il n'y eut d'académique dans cette séance que la lecture de deux ou trois sonnets et la récitation de l'épisode d'Herminie, qui fut répétée à la demande d'Étienne et à la grande satisfaction de l'auditoire, qui prisait beaucoup le talent du Procaccio. Tous ces exercices de littérature bourgeoise et familière furent entrecoupés par des danses, des conversations et la distribution de rafraîchissements jusqu'à minuit, heure à laquelle on se sépara.
Le lendemain, vers dix heures du matin, l'actif Procaccio , après avoir frappé discrètement à la porte d'Étienne, entra portant sous son bras cinq ou six volumes. « Je sors, dit-il, de chez les chevaliers Guarnacci et Ricciardelli, des deux grandes familles de Volterra, à qui j'ai fait part de votre arrivée et du désir que vous avez de connaître les richesses antiques de notre ville. En me remettant ces livres et le plan de Volterra pour faciliter vos études, ils m'ont chargé de vous dire combien ils seraient flattés de vous voir. » Ce plan et ces livres rendirent en effet la revue des curiosités de Volterra plus facile et plus prompte à Etienne, et l'antiquaire Giusto Cenci, qui formait alors le musée étrusque, lui transmit en outre tous les renseignements que ses propres recherches et celles d'Enguerami,de Florence, avaient fait obtenir sur l'existence, la religion et. les mœurs d'un peuple qui florissait cinq cents ans avant la fondation de Rome.
Avant de quitter Volterra, Etienne, en allant remercier les chevaliers Guarnacci et Ricciardelli, et leur remettre les livres qu'ils avaient eu l'attention délicate de lui prêter, eut, une fois de plus, l'occasion de s'apercevoir combien l'urbanité italienne est gracieuse. Quant à l'aimable
et spirituel Procaccio, dont le désintéressement égalait l'obligeance , Etienne ne put lui faire accepter qu'un porte-plume d'argent, mais venant de Paris!
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Les voyageurs français, ceux même qui allaient en Italie pour étudier les arts, exclusivement préoccupés des richesses que Rome renferme, ont longtemps passé par Florence sans s'y arrêter. Quoique confuse encore, l'idée de s'appliquer à cette étude vint à Élienne à la suite d'un de ces profitables entretiens qu'il eut avec Bertin-Devaux. Ce spirituel causeur, parlant de l'influence exercée par les Médicis sur toutes les branches du savoir humain, se résuma en disant « que l'histoire de cette famille serait un sujet riche et neuf à traiter. » Ces mots restèrent gravés dans la mémoire d'Étienne, et, en partant pour l'Italie, il prit la résolution, pour ne pas se laisser absorber par Rome, d'étudier d'abord Florence, où il lit en effet un séjour de plus de quatre mois.
Les lettres écrites depuis Milan jusqu'en Toscane avaient déjà été publiées dans le journal, lorsque Étienne arriva à Rome quelques jours après l'incendie de Saint- Paul hors les murs, dont il vit les ruines encore fumantes. Le hasard fit qu'en se présentant à la chancellerie il rencontra Desmousseaux de Givré, secrétaire d'ambassade, qui, le premier, lui parla de ses lettres écrites d'Italie, du succès qu'elles avaient en France, de l'empressement que l'on mettait à les lire à Rome, et du