DE LA SECONDE ÉDITION
L'accueil bienveillant que le public et la presse ont bien voulu faire à la première édition de ce livre, a excité toute ma reconnaissance et m'a prouvé quel intérêt éveille tout ce qui concerne la Terre-Sainte.
On s'expliquera sans peine que nous nous soyons sentis encouragés à publier une seconde édition et l'on comprendra que, vu les circonstances, il n'ait pu être question de grands changements à y faire.
Toutefois il serait inexact de s'imaginer que les pages qui suivent sont la réimpression pure et simple de l'édition précédente. Bon nombre de petites retouches ont été pratiquées ici et là. Une soixantième gravure a été ajoutée pour satisfaire les nombreuses personnes qu'offusquait le chiffre 59. Egalement pour tenir compte de réclamations à la fois courtoises et énergiques, une petite carte — oh ! très modeste — a été jointe au volume, non point avec la prétention de produire une œuvre d'art, mais simplement dans le but de faciliter la lecture de mes récits à ceux qui n'ont pas un atlas sous la main ou qui en trouvent peut-être le maniement trop incommode. Je me suis contenté d'y faire inscrire les noms des principales localités que j'ai été appelé à mentionner, avec
les contours principaux du pays et le tracé de l'itinéraire suivi.
Enfin, rinnovation la plus sérieuse a été introduite sur une demande expresse, formulée dans des articles de Revues par d'aimables confrères qui estimaient cette adjonction nécessaire : je veux parler de deux index, l'un pour les noms géographiques, l'autre pour les passages bibliques. On a bien voulu dire que ce double répertoire pourrait être de quelque utilité : tout en demeurant sceptique à cet égard, je n'ai pourtant point voulu me dérober à de si obligeantes sommations. En dépit des additions survenues, les dimensions de l'ouvrage n'excèdent pas celles de la première édition, et demeurent même en deçà, grâce à certaines modifications de détails dans l'agencement typographique.
Quelques-uns de mes lecteurs ont regretté que je n'aie absolument rien dit sur Jérusalem. Je suis heureux de pouvoir les renvoyer à l'ouvrage déjà cité de mon élève M. Laufer, Au pays du Christ^ où ils trouveront une description captivante et circonstanciée de la Ville sainte. Pour moi, ne pouvant en parler en détail dans le cadre de ce volume de Souvenirs, je me suis abstenu de toucher à ce sujet si dig^e d'être traité autrement qu'en passant.
Genève, le 15 mars 1898.