‹ Souvenirs de Vaugirard;Chapitre 15 sur 38 · CAPITULATION · texte numérisé non relu

CAPITULATION

29 janvier.

1 out est fini !

Vendredi 27 janvier, les termes d'une capitulation ont été définitivement arrêtés et, provisoirement, un armistice a été conclu. De part et d'autre le feu devait cesser à minuit.

Dans les forts et sur les bastions de l'enceinte, les derniers coups de canon sont partis à sept heures du soir; mais les Allemands ne nous ont pas fait grâce d'un obus. A minuit sonnant, Meudon, Châtillon, Bagneux tiraient encore. Il fallait bien épuiser les munitions des batteries mainte-

nant inutiles; on est généreux quand on déménage.

A l'heure où j'écris ces lignes, lundi 29 janvier 1871 , la capitulation est signée, les forts sont aux mains de l'ennemi, le drapeau impérial flotte sur Issy et sur Vanves. et, de ma fenêtre, j'entends battre les tambours allemands.

Une capitulation ! voilà donc où ont abouti tant de sacrifices, tant de privations courageusement supportées, tant de sang répandu. Paris succombe, mais vaincu par la faim, non par la force des armes. Après cinq mois de siège, après vingthuit jours de bombardement, les forts qu'il remet à ses vainqueurs ont jusqu'à la fin riposté, pavillon haut. Durant cette longue période de blocus et de combats, il y a eu des fautes, il y a eu des crimes ; mais aussi que d'héroïsmes, que de vertus! Pesez bien, vous trouverez la balance égale et vous direz avec l'histoire : Gloria victis !

Quant à nous, Pères et Frères du collège de Yaugirard, notre œuvre est terminée. Le cœur navré, nous voyons livrer à l'ennemi les armes et les remparts ; l'âme inquiète, nous pressentons

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