CHAPITRE II
Des affaires étrangères.
Je n'ai vu qu'un seul ministre des affaires étrangères en Prusse, le comte de Finkenstein, fils du feld-maréehal do Fink : il avait été ministre en Suède à l'âge de vingt ans; et, revenu de là, il avait succédé au comte de Podewilts. Le comte de Finkenstein a vécu fort vieux, et a toujours conservé le même poste ; cependant Frédéric avait fini par lui adjoindre M. de Hertzberg, moins en titre qu'en réalité. M. de Finkenstein était très-propre aux fonctions qui lui étaient confiées . il représentait parfaitement bien ; avantage qu'il devait tout à la fois à son extrême politesse, à sa physionomie fine et agréable, à son esprit toujours présent et délié, à son caractère modéré et égal, et enfin au ton de noblesse dont il ne s'écartait jamais. Il prenait néanmoins quelquefois un air un peu léger et même railleur : on a eu à citer de lui plusieurs épigrammes assez mordantes.
M. de Hertzberg était savant, très-laborieux, excellent patriote, et aussi simple que sérieux dans tout son extérieur. Sa campagne , à peu de distance de Berlin , était consacrée à la culture des mûriers'et des vers à soie, et formait en même temps une vachérie. Tous ses habits en soie étaient filés de ses propres cocons ; et sur le perron de son hôtel on voyait tous les jours une paysanne qui venait vendre à la pinte le lait de ses vaches. « M. de Hertzberg serait un ministre parfait, » me disait M. le marquis de Pons, « si dans sa jeunesse il avait vu <t l'Europe : mais son ignorance sur les autres pays est cause