‹ Souvenirs de vingt ans de séjour à BerlinChapitre 20 sur 60 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le général Lentulus.

J'ai parlé ailleurs du général Lentulus : aide de camp de Frédéric à Tavénement de celui-ci au trône, il a fait toutes les guerres de ce roi , si on en excepte celle de la succession de la Bavière, époque à laquelle il était déjà retourné en Suisse. Il était trèsbel homme ; on ne peut pas douter qu'il n'ait été brave : il faut l'avoir été pour s'être maintenu si longtemps en faveur auprès du héros de la Prusse; mais je n'ai jamais ouï vanter ses talents ni ses lumières. 11 s'était allié 5 une des premières familles du pays , et avait perdu sa femme bien des années avant mon arrivée. Il en avait eu un Gis que j'ai vu officier dans les gendarmes, très-joli garçon et généralement aimé. Par malheur^ ce jeune homme , au cœur de l'hiver et par un froid très-rigoureux, ne prit aucune précaution en sortant d'un bal chez la leine , oii il avait beaucoup dansé : de là une sorte de rhume , et puis une véritable maladie de poitrine, qui l'emporta après plus d'un an de langueur et de souffrance. Il ne fut abandonné ni de ses parents, ni de ses amis, durant cet intervalle ; mais jamais il n'eut une visite de son père, quoiqu'il eût si ardemment désiré et fait solliciter cette consolation, et qu'il n'eût jamais été brouillé avec lui. Ce trait révolta tous les esprits : ce fut un vrai scandale. Ce n'est pas tout que de mépriser la mort pour son propre compte : il y a des sentiments que ce mépris ne doit pas même affaiblir, sans quoi il n'est plus lui-même que férocité.

On a vu en d'autres articles comment le général Lentulus brouilla le prince Ferdinand de Brunswick avec le roi de Prusse ;

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