ACADÉMIE ROYALE. PHILOSOPHIE SPECULATIVE
Dans le second mémoire, M Béguelin cherchait à rendre vraisemblable une opinion neuve; savoir, que dans toutes les classes d'êtres , la raison et l'instinct sont toujoursl en raison inverse l'un de l'autre. Ce mémoire, que l'auteur refusa de faire; imprimer, était de sa part un jeu d'esprit très-ingénieux , où l'on apercevait à chaque page autant d'adresse que de sagacité.
Le roi lui refusa la place de directeur de sa classe, quoiqu'il eût pour lui le vœu bien prononcé de l'Académie , et plus de titres qu'aucun autre. Cet acte de rancune royale fit prendre à ce savant le parti de demander la vétérance , et de ne plus paraître à nos séances. Il continua cependant de faire pour l'Académie les observations météorologiques ; observations qu'il a suivies pendant de longues années , avec une attention et une régularité précieuses, et qu'il a rédigées d'après un plan si heureux, que ce plan a servi de modèle à ceux qui se sont ensuite occupés du même objet.
Je reviens à l'Académie , pour parler de M. Sulzer, l'ami de M. de Béguelin, Suisse comme lui , et comme lui fixé à Berlin depuis plus de trente ans , homme de mérite , et placé au rang des auteurs allemands qui écrivaient le mieux en prose ; d'ailleurs trèsrobuste et d'un caractère [ferme et prononcé. M. Sulzer a, sur différents sujets , un très-grand nombre de dissertations dans les Mémoires de l'Académie, et toutes remarquables par la justesse des vues et la solidité des raisonnements ; mais, de plus, il a donné deux ouvrages importants : l'un , sur l'état des sciences -et des arts en Europe ; et l'autre , un dictionnaire général des beaux-arts.
Le premier de ces ouvrages forme un volume in-12 , que lui-même avait traduit en français : il me remit cette traduction , lorsqu'en 1776 je me rendis en France pour y passer quelques mois, et elle fut perdue par celui à qui je la confiai pour la faire imprimer.
Le Dictionnaire général des beaux-arts forme deux bons vo-
lûmes : c'est le fruit de trente ans de recherches et de travail. M. Sulzer me pria, dans le temps, de le faire traduire , mais selon le plan qu'il me traça. « J'ai écrit, me dit-il, pour « les Allemands, qui, sur plusieurs points, ne sont pas aussi « avancés que les Français : ainsije suis quelquefois entré dans « des détails qui seraient superflus et ennuyeux pour vos com- « patriotes : il faudra donc abréger cet ouvrage. Peut-être « aussi y a-t-il plusieurs passages où j'ai supposé comme suf- « fisamment connus des principes qui vous sont moins fami- « liers qu'à nous, et que le traducteur sera obligé de déve- « lopper plus que je ne l'ai fait. Enfin le génie d'une langue « n'étant pas le génie de l'autre , il est nécessaire souvent de « couper ou fondre ensemble des phrases qui, dans rorigiual , « sont tout autrement tournées; et c'est pourquoi il importe « infiniment que le traducteur ait autant de goût que de fa- « cilité. »
En conformité de ces vues , nous convînmes que nous choisirions les traducteurs à nous deux , et que nous reverrions ensemble tous les articles, lui pour le fond, et moi pour le style. M. Réclam et un M. Bourdais y travaillèrent : ils m'en remirent un certain nombre d'articles, que j'envoyai à Paris; mais le libraire manqua de fonds. D'un autre côté, je me brouillai avec M. Sulzer, qui tomba malade et mourut, et la traduction ne fut pas poussée plus loin. Je ne sais ce que sont devenus les articles envoyés au libraire de Paris ; cependant il y en a quelques-uns qui se trouvent employés dans le Dictionnaire encyclopédique par ordre de matières : comment Marmontel, qui ne cite point l'auteur, et qui les donne comme de lui , se les est-il procurés ?
M. Sulzer avait épousé une femme de Magdebourg, qui était morte jeune, et dont on m'a dit beaucoup de bien : elle a laissé deux filles, dont Taînée a épousé M. Gratf, peintre estimé, de Dresde ; la seconde s'est mariée à Chevafier fils , vernisseur à Berlin ; celle-ci n'a pas été heureuse : elle méritait néanmoins
de rêtre. Elle est morte depuis plusieurs années ; l'aînée vit encore.
Je citerai une anecdote qui prouve combien M. Graff était bon peintre. J'allai un jour causer avec M. Sulzer, dont l'appartement était contigu au mien : je le trouvai regardant, avec M. Béguelin, un portrait qui venait d'être achevé. Ce tableau me frappa : mes yeux s'y reportaient malgré moi. « Voilà, me « dit M. Béguelin , un morceau de peinture qui paraît vous oc- « cuper beaucoup : dites-nous ce que vous en pensez. — Je « parie , lui dis-je , que ce n'est pas un portrait de fantaisie, et « que, de plus, il est très-ressemblant. — Et sur quoi en jugez- « vous ainsi — Sur ce qu il me semble y découvrir la vérité de « la nature plutôt que les compartiments ou les caprices de l'art. " — En ce cas, dites-nous l'idée que ce portrait vous donne Cl de l'original. — L'original doit être un homme de beaucoup u d'esprit , mais d'un esprit vif et ardent ; son caractère partiel cipe à ces mêmes qualités et a de plus une fermeté remara quable et une gaieté très-naturelle. Il est bon enfant, ami des « plaisirs , et loyal ; quoique d'une autre part il y ait du danger « à heurter ses opinions on ses préjugés. — Vous connaissez « donc l'original de ce portrait? — Non; je ne l'ai jamais vu. (i — Eh bien , vous venez de le dépeindre comme si vous aviez « passé votre vie avec lui ■ c'est le portrait de M. Lessing, que « M. Graff vient de faire.^ — C'est, dis-je, un compliment pour « M. Graff, car je ne connais pas M. Lessing. «
M. Sulzer devint directeur de la classe de philosophie, place qu'il n'accepta que parce que son ami Béguelin l'y détermina ; mais il ne le fut pas longtemps : un rhume violent qu'il négligea, devint, pour cet homme robuste, une maladie cruelle contre laquelle il lutta quelques années, et dont il ne put guérir. Il voulut essayer ce que les climats méridionaux pourraient y faire : il alla d'abord en Suisse, passa à Genève, puis à Ferney, sans se faire connaître , lui qui avait tant vu M, de Voltaire à Berlin ; de là à Lyon, où il consulta M. Rast , médecin fort es-
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timé; de Lyon, à Montpellier et à Nice, où il s'arrêta quelques mois ; et enfin à Milan , où il crut être guéri : mais de Milan il voulut repasser en Suisse, et pour cela il s'enfonça dans les montagnes , où les neiges le surprirent , et où il fut obligé de faire une partie de la route à pied. Les fatigues et le froid lui rendirent tous ses maux, et ce ne fut que pour y mourir peu de temps après qu'il revint à Berlin. Il camprit bien qu'il n'y avait plus de guérison à espérer pour lui ; et comme ses quintes de toux le fatiguaient extrêmement , et qu'il était peu accoutumé à souffrir, il désirait véritablement la mort. « Je ne ferai rien pour « la hâter, disait-il, parce que cela est contraire à mes principes « de morale ; mais je vous avoue que je suis si pressé de savoir « ce qu'il y a de vrai dans ce que nous âisons ou imaginons « de l'autre monde , que ce sera pour moi une grande jouis- « sance que de quitter celui-ci. »
Telles sont les dispositions dans lesquelles il attendit et reçut la mort. A sa vente j'achetai une canne, dont, en acquittement de quelques soins donnés à ma fille, je fis cadeau à M. Rast, médecin à Lyon, homme de mérite, et qui ayant vu ce meuble dans les mains de M. Sulzer, le désirait vivement. Il avait , en effet, cela de particulier que dans le pommeau se trouvait une machine à rouages, mettant en mouvement les aiguilles de quatre petits cadrans, marquant l'une les unités, la seconde les dizaines, la troisième les centaines, et la quatrième les milliers : chaque fois que l'on posait la canne à terre, la première aiguille avançait d'un cran : lorsque celle-ci avait fait le tour de son cadran divisé en dix, la seconde faisait un pas, et ainsi de suite ; de sorte qu'eu marchant avec régularité, et en s'appuyant, par exemple, sur la canne, de quatre pas en quatre pas, on voyait, en revenant chez soi, combien on avait fait de pas dans sa promenade (1).
(I) Les quatre cadrans marquaient de cette sorte : 10,999 mouvements qui, multipliés par quatre pas de deux pieds chacun, mettaient à même
M, Sulzer avait un régime dorrt il ne s'écartait pas : à quatre heures du matin , il prenait du café, travaillait jusqu'à neuf heures, déjeunait alors, allait à sa campagne, en revenait à une heure et demie, prenait une demi-heure de repos, dînait à deux heures, restait deux ou trois heures dans une sorte d'inaction, recevait ses amis, fumait, buvait une bouteille de bière, et se couchait à huit heures du soir.
Il était l'ami de tous les artistes ou gens de métier qui avaient du génie ou du talent ; on était sûr d'en trouver presque tous les soirs quelques-uns chez lui, et il n'épargnait rien de ce qui pouvait les éclairer ou les encourager.
C'est par un ouvrier semblable et sous la direction de M. Kùrnberg , maître de la chapelle de la princesse Amélie et savant théoricien dans l'art de la musique , qu'il fit construire un clavecin dans lequel tous les morceaux se trouvaient notés à mesure qu'on les jouait. Cet instrument , dont on fit l'essai en présence du feu roi de Suède, lors de son retour de Paris à Stockholm, produisit l'effet dont je parle, au moyen d'un crayon placé à l'extrémité postérieure de chaque touche , et qui , sous la pression du doigt, appuyait sur un papier blanc, lequel déroulait d'un cylindre sur un second. Le porte-crayon était une partie additionnelle de la touche : la place où tombait le trait de crayon sur le papier suffisait pour désigner la note , dont la longueur du trait marquait la durée.
Le même artiste imagina des réverbères , dont j'ai vu faire répreuve , et qui étaient aussi bons et plus économiques que ceux de M. de Sartine. Enfin j'ai encore vu de lui un éteignoir très-utile à ceux qui lisent au lit , en ce qu'il tombe de luimême, et éteint la bougie lorsqu'elle a brûlé jusqu'au point qu'on a fixé d'avance.
J'aurai encore à parler de M. Sulzer, lorsque je traiterai de l'école civile et militaire, oii il était professeur.
(le compter 43,996 pas, ou 87,992 pieds, c'est-à-dire plus de six lieues de poste, dans uoe seule des révolutions de ce cadran.
M. Prévost de Genève lui succéda, tant à cette école qu'à l'Académie ; mais il ne resta avec nous que peu d'années : il retourna dans sa patrie, où il est aujourd'hui professeur de philosophie. Les mémoires qu'il nous a lus et les ouvrages dont iï s'est occupé depuis ont prouvé, ainsi que ses qualités personnelles, combien l'école militaire a perdu par sa retraite.
Je retrouve à la suite de ces messieurs, dans la classe de philosophie, M. de Beausobre, fils du savant pasteur que dans la colonie française de Berliu on appelait le grand Beausobre. Celui-ci avait plus de soixante-dix ans lorsque ce fils vint au monde; Frédéric fut son parrain, prit une part très-honorable a son éducation, et le fit voyager en France. Ce filleul du roi mérita les bontés de Sa Majesté par son zèle et par des qualité:,* personnelles qui le rendaient aimable et bon confrère; mais d:» côté des talents , il ne fut qu'un académicien très-ordinaire, u Votre père valait beaucoup mieux que vous , » dit-il un jour en riant à M. Fouaste, banquier. « Oh ! je le crois bien, répon- « dit ce dernier : rien n'est si commun que de voir des fils qui « ne valent pas leurs pères. »
de Beausobre fut nommé censeur des gazettes de Berlin ; et ce genre de travail insigniflant lui allait à merveille, car c'était un Ardélion infatigable, qui, pour être de quelque importance, se faisait de fête partout.
L'usage immodéré du café (il en prenait jusqu'à neuf tasses dans la soirée ) conduisit M. de Beausobre à une demi-paralysie , qui Tenleva bien avant l'âge de la vieillesse.
M. le pasteur Achard , le plus célèbre des prédicateurs de Berlin , était aussi attaché à la même classe ; mais je ne sache pas qu'il ait jamais lu aucun mémoire à l'Académie , quoiqu'il y fût très-assidu. Je n'ai jamais vu mettre une affaire en délibération, qu'il n'ait débuté, avant de dire son avis, par observer qu'il fallait préliminairement considérer deux ou trois questions qui étaient inutiles ©u étrangères à la chose dont il s'agissait. Quant à sa réputation de grand prédicateur, il la devait surtout
a sa figure, à sa voix et à sa déclamation : il était en effet grand et bien fait ; il avait une fort belle tête, et une physiononaie remarquable par autant de décence que de dignité ; sa voix était pleine et sonore ; il avait pris dans sa jeunesse des leçons du célèbre Baron, et en avait profité, car tous ses mouvements et gestes étaient nobles, justes et expressifs. Il avait une huitaine de sermons que Ton citait; il voulut les faire imprimer, et, ainsi que je le prédis, cette édition fut l'écueil de sa réputation.
Il avait épousé une personne fort riche et très-laide. ^ Je ne « vous appellerai jamais ma belle Marion, lui disait-il ; mais « j'espère pouvoir vous appeler toute ma vie ma bonne Marion. »
Le dernier académicien de cette classe avec qui je me sois trouvé, était M. le pasteur Moulines • Frédéric-Guillaume l'a anobli, et, en vérité, il m'est impossible de deviner pourquoi , si ce n'est parce qu'il s'était fait l'ami d'un intrigant nommé PVollner, et des autres alentours de la favorite de ce prince. Je me rappelle de lui deux traits qui sont ce qu'il y a de moins noble au monde. Le premier ne prouve qu'une ambition tracassière, et toute concentrée dans le commérage et les petites intrigues. Voici ce fait : lorsque M. Moulines sut que le prince Henri me donnait des marques non douteuses d'estime et de bonté, il vint chez moi me demander un entretien particulier : et là, il me raconta longuement, et en grand secret, comment il avait été si bien auprès de ce prince durant plusieurs années, et comment il n'avait plus la liberté d'en approcher, quoiqu'il ne pût deviner la cause d'une si cruelle disgrâce : il se répandit en plaintes et en gémissements avec un grand air de désolation. Il était si attaché à ce prince! Il était si innocent! A la fin, je m'impatientai, et lui dis : « Monsieur, ce qui vous est arrivé « m'arrivera peut-être de même : mais je prends avec vous l'en- « gagement sacré de ne m'en plaindre à personne. Vous n'avez « point mérité d'être ainsi négligé : j'espère bien ne pas lemé- « riter non plus ; et c'est pour cela que je ne m'en affecterai « point. Laissons les grands être ce qu'ils veulent, et ne nous
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« occupons que de ce que nous devons être nous-mêmes. Si « la fortune nous confine dans la classe des simples citoyens^ « prouvons au moins que son pouvoir ne s'étend pas jusque « sur notre âme et nos sentiments. Ils sont grands! eh bien, « soyons fiers, surtout lorsque nous n'avons point de reproches « à nous faire. Et qu'est-ce donc , au fond , que leur faveur, « sinon une chaîne très-pénible à porter? " Le résultat fut que j'estimai beaucoup moins M. Moulines, et que dans la suite il ne lui est plus arrivé de me prendre pour confident.
La seconde anecdote est beaucoup plus grave : ce n'est plus de la petitesse ; c'est un fait contraire à l'humanité et à la probité. Le récit en sera un peu long; mais elle a une physionomie de roman qui peut la rendre intéressante. Le seul inconvénient qu'il y ait, si c'en est un, c'est que l'article de M Moulines va embrasser un autre article, celui de M. de Prémontval, qu'au surplus je n'aurais pu omettre.
M. de Prémontval, fils d'un bourgeois aisé de Paris, ayant fait avec succès les études ordinaires, refusa d'embrasser l'état ecclésiastique ou la profession d'avocat, ainsi que son père le voulait. De cette opposition résultèrent de grandes querelles : le fils quitta la maison paternelle, et le père le déshérita. M. de Prémontval se fit un état à lui-même par les leçons de mathématiques qu'il donna dans Paris. Il eut des écoliers, et même une écolière, mademoiselle Pigeon, fille aînée d'un très-habile machiniste, que le duc d'Orléans, l'époux de madame de Montesson , protégeait : Pigeon mourut , laissant plusieurs enfants et point de fortune : on dit au prince que la fille aînée de cet homme apprenait les mathématiques, y faisait de grands progrès, et même paraissait être très -reconnaissante des leçons de son jeune professeur, dont on dit aussi beaucoup de bien. D'après ce rapport, le duc fit offrir à M. de Prémontval le titre de son secrétaire, avec, une pension de douze cents francs, s'il voulait épouser la demoiselle Pigeon; et le professeur, qui aimait son élève, fut indigné d'une offre qui mettait à prix d'argent
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son mariage, et refusa. Peu de temps après, il partit de Paris pour courir le monde, ayant avec lui sonécolière transformée en jockey. Ils arrivèrent à Fribourg en Suisse, et furent trèsbien accueillis dans un château où- leurs leçons firent plaisir à tout le monde ; mais, par malheur, le maître du château et son fils devinèrent le secret de mademoiselle Pigeon, devinrent amoureux de ce prétendu petit garçon, et se livrèrent à une rivalité qu'ils poussèrent si loin, que nos deux voyageurs ne purent se retirer trop vite. Après quelques autres courses, ils vinrent à Bâie ; ils y changèrent de religion et s y marièrent , dans l'espérance d'y obtenir une chaire, qui leur fut refusée. Ce refus les détermina à passer en Hollande, en suivant la rive droite du Rhin : le nouvel époux y fit quelque temps le métier de correcteur d'impressions chez les libraires, et s'attira la protection de madame la comtesse douairière de Golowkin, née comtesse de Bohna, veuve de l'ambassadeur dont j'ai parlé, et dévote protestante très-zélée. La comtesse regarda ces nouveaux venus comme des nouveaux convertis, souffrant persétion pour la bonne cause. .Dans ces circonstances , madame la comtesse de Rameke, fille^de madame de Golowkin, vint en Hollande passer quelque temps auprès de madame sa mère, qui n'eut rien de plus pressé que de lui présenter ses protégés , et de les lui recommander avec autant de chaleur qu'il lui fut possible. Madame de Kameke, ne pouvant rien refuser à une mère respectée et chérie, pria M. de Maupertuis, au moment de son retour à Berlin, de nommer M. de Prémontval à l'Académie; ce que le président fit de bonne grâce, en ajoutant au titre une pension de deux mille francs. Le nouvel académicien dès son arrivée à Berlin, éleva une pension : peu après il se brouilla avec M. Formey; de sorte que bientôt il n'eut plus à entretenir l'Académie que des prodiges de ses élèves, et le public que des balivernes du secrétaire perpétuel. Sa femme, qui avait aussi ses écoliers, faisait moins de bruit et plus de besogne : elle donna pendant quelque temps des leçons de mathé-