‹ Souvenirs de vingt ans de séjour à BerlinChapitre 48 sur 60 · LE MARQUIS D'ARGENS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS D'ARGENS

Cochois. 11 résulte, au surplus, de l'acte qui fut dressé à ce sujet, et entériné au parlenfient de Provence : 1" que la naissance de cet enfant avait été cachée, dans la crainte que la mère du marquis d'Argens , encore vivante lors de son premier voyage, ne se pourvût en cassation de son mariage , comme fait sans son consentement et en pays étranger ; et 2° que la famille entière reconnut mademoiselle Mina Giraud , pour demoiselle Barbe de Bayer d'Argens ; nom qu'elle a porté jusqu'en 1774 , où elle épousa M. de Magallon, avocat général au parlement de Provence (i). Madame sa mère, veuve et marquise d'Argens, a achevé sa vie dans la retraite que le marquis avait fait bâtir, près d'Eguilles , sous le nom de Mon Repos ; sa mère , madame Cochois, ne tarda pas à l'y rejoindre , et mourut auprès d'elle. Toutes deux furent également chéries et honorées de la famille entière du marquis d'Argens.

Au retour du marquis d'Argens dans sa patrie et au sein de sa famille , il s'éleva entre le président d'Eguilles et lui une contestation , également honorable pour tous deux , et. qui prouve à quel point Tamitié fraternelle l'emporte sur l'amitié fastueuse des grands. Le président déclara à son frère ne jamais avoir ratifié l'acte d'exhérédation que la politique, plus que la colère , arracha à leur père : le marquis refusa une donation qui , selon lui , dépouillerait les enfants du président d'une portion du patrimoine sur lequel ils avaient dû compter. Ce dernier soutint que ce qu'avant tout il devait à ses enfants , était l'exempledequelques vertus, et surtout de lajustice. Le résultat de cette lutte touchante fut y sinon un partage , du moins une sorte d'indemnité , qui , jointes aux économies que le marquis d'Argens avait faites en Prusse, acheva de lui assurer une honorable aisance.

(1) Il est né de ce mariage trois lils et une lille. Les trois iils ont servi leur patrie et leur roi ; l'un d'eux est encore en activité de service, un autre est en retraite, le troisième, enlin, a quitté la carrière militaire pour se faire religieux. Mademoiselle de Magallon est aujourd'hui madame la marquise de Perrier. Bon Thiébault.

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