‹ Souvenirs de vingt ans de séjour à BerlinChapitre 53 sur 60 · AMIS DE FBÉDÉBIC. ALGAROTTI · texte numérisé non relu

AMIS DE FBÉDÉBIC. ALGAROTTI

« eaux d'un autre ciel, le soleil et les pluies de leur sol natal. Son « but a été de faire lire le nom de Frédéric sur leur écorce inconnue, « d'entendre le souffle du zéphir répéter ce nom à leur feuillage étran- « ger, et de voir les Dryades d'un monde lointain couvrir ce héros « d'une ombre nouvelle , et apprendre à ployer par respect leurs ra- « meaux lorsqu'il touche sa lyre sacrée, maintenant quMl a posé le « casque et le bouclier ensanglanté, et que, se laissant fléchir par des « guerriers désarmés , il détourne loin d'eux son cheval , sur lequel « ruissetle le sang ennemi.

« Pour vous, puisse Phébus vous aimer toujours, vous inspirer sans « cesse le même enthousiasme, et vous verser à pleine coupe les a eaux de Castalie! Puisse L***, la plus belle des Spréiades, vous « être favorable! Puisse l'Amour enfoncer dans son cœur tendre le i< plus pénétrant de ses traits, et que cette nymphe serre son poëte « chéri dans ses bras, dans ses bras plus blancs que la neige de TA- » pennin ! «

J'ai parlé du comte Algarotti comme ayant un esprit plus superficiel que profond; et en effet, qui est-ce qui le lit aujourd'hui, du moins dans la vue de s'instruire ? Malgré toute la finesse et l'apparente modération que la politique lui prescrivait^ il n a pu s'empêcher de calomnier la France, où il avait reçu une honorable hospitalité, et la langue française, qu'il n'était pas digne de juger ; c'est ce que je démontrai dans le temps à l'Académie de Berlin, dans un mémoire que je lus peu après l'édition des œuvres de ce brillant Italien. Il cherche à décrier notre langue, en la considérant comme langue formée, et il prouve qu'il n'a aucune notion juste et réfléchie de ce qui constitue la formation des langues.

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