‹ Souvenirs de vingt ans de séjour à BerlinChapitre 56 sur 60 · AMIS DE FRÉDÉRIC LA METTRIE · texte numérisé non relu

AMIS DE FRÉDÉRIC LA METTRIE

LaMettrie avait une imagination dont il n'était pas le maître. Matérialiste absolu et prononcé, il avait presque peur de tout. Un brave et digne Berlinois , qui vit encore , fut très-surpris, en faisant avec lui la route de Potsdam à Berlin , de le voir assailli , durant un orage assez violent , de toutes les frayeurs dont les âmes les plus faibles sont susceptibles. Un bomme aussi peu maître de lui-même devait être , par ses inconséquences , très-original et très-plaisant , d'autant plus qu'il avait de l'esprit , du trait , des connaissances et de la gaieté. J'ai remarqué qu'il n'avait eu aucun ennemi en Prusse , comme , d'un autre côté, on y avait conservé peu de considération. pour lui.

La Mettrie devait moins résister à ses passions que la plupart des hommes ; et comme il était assez replet , et médecin, on peut bien s'imaginer qu'il était fort gourmand. C'est ce défaut qui a terminé sa carrière bien avant la vieillesse. Un pâté lui fut servi ; il le trouva excellent , il en mangea avec excès , et de là une indigestion , dont il mourut au bout de vingtquatre heures.

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