‹ Souvenirs de voyage d'un soldat de Pie IX [microforme]Chapitre 28 sur 54 · CHAPITRE XVI. s · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. s

ROME PENDANT LES PERSÉCUTIONS. ?2{1i

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Pendant que le plus puissant empereur ,çoinr mande à l'univers, un enfant naît d'une Vierge, nommée Marie, dans une étable à Bethléem,.,gn Judée. Cet enfant prend le nom de Sauveux.du Monde. Les anges entonnent du haut des ci ux : “ Gloria in excelsis Deo.” Une étoile annonce sa naissance aux rois mages, qui accourent de l’ Orient

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pour l’adorer et lui faire des présents.

iue Le roi Hérode veut mettre l'enfant Jésus à

mort, mais le Ciel déjoue le noir complôt du monstre. Joseph, le charpentier, prend l'enfant et, s'en fuit en Egypte. Averti par un ange que le danger

est passé, Marie et Joseph reviennent en Judée, À Nazareth.

“itCri Après trente ans d'une vie obscure, Jésus com-

mence à prêcher. Le bruit de ses vertus et de,.$es miracles se répand bientôt dans la Judée., Le peuple accourt l'entendre et le suit de ville:gen ville, de bourgade en bourgade. Jésus-Christ jette les fondements de l'Eglise catholique et choisit

douze apôtres. Simon Pierre est reconnu comme le prince des apôtres.

La doctrine de l’Homme-Dieu scandalise les Portifes et les Pharisiens qui le font arrêter et conduire devant Pilate. Ce dernier déclare Jést.: innocent ; mais les Juifs veulent la mort du Sauveur, et Pilate se rend à leurs vœux en leur lfWrant le Fils du Très-Haut. La populace préfère + voleur Barrabas au juste de la udée, Jésus ‘fonte sur le Golgotha et expire sur un infâme be, en s'écriant : “ Tout est consommé. ”

ot Après la mort de Jésus, les apôtres se réunissent ét nomment un successeur au traître Judas. Pendant qu'ils sont assemblés, le Saint-Esprit descend sur eux en langues de feu et les remplit de ses ‘erâces. Les douze apôtres, armés du glaive de la “Parole, se séparent et vont combattre les combats ‘du Seigneur. C'est en l’an 36--que les apôtres se ‘partagent la conquête de l'univers. Saint Jacques lé majeur, frère de sairt Jean, et saint Jacques le mineur, proche parent de Jésus-Christ, reçoivent ôus deux la palme du martyre à Jérusalem. Saint

‘André passe chez les Scythes et est martyrisé à ’Patras, en Achaïe. Saint Philippe subit la mort à “Hiéraple, en Phrygie. Saint Thomas évangélise ès Indes, où il est percé d’une lance au pied d’une voix. Saint Barthélemi accomplit son martyre

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dans la ville des Albanes, dans la grance Arménie, Saint Mathieu va prêcher en Ethiopie et est consumé pr le feu. Saint Jude, apôtre de l'Arabie, est tué à coups de flèches. Saint Mathias, qui annonça la bonne nouvelle en Egypte et en Abys: sinie, est lapidé, Barnabé, compagnon de saint Paul, meurt de la même mort. Saint Simon, surnommé le zélé, est crucifié comme son maître, Saint Jean est plongé dans une chaudière d'huile bouillante, près de la Porte Latine, à Rome.

Saint Pierre et saint Paul, qui avaient converti, le monde entier, sont, le premier, crucifié la têta en bas, et le second, décapité, dans l’immense ville des Césars que nous avons étudiée dans le cha; pitre précédent. q

À la venue du Messie, Rome était la reine de la force et le trône où régnaient les dieux inven, tés par le paganisme. Ce grand fleuve d'immoralités, de débauches et d'idolâtrie s'était débordé et avait couvert les autres pays de son venin empoisonné, Rome était alors le cœur du paga-

nisme, comme elle est aujourd’hui le centre de l'unité catholique. Quand il s'agit de détruire un monstre, il faut le frapper au cœur si l'on veut obtenir son but plus sûrement. C’est ce que firent Pierre et Paul. Pendant que les autres envoyés du Christ affaiblissaient l'hydre par des coups redoy:

blés, les deux apôtres Pierre et Paul le dardérent au. cœur et lui firent mordre la poussière. Rome baienne devint Rome chrétienne, ou plutôt Rome souterraine : car la transition de l'erreur à la vérité né se fit pas d’une manière aussi brusque. Il fallut ttèis cents ans de luttes et de persécutions à l'Eglise catholique pour remporter une victoire complète ét renverser les autels des faux dieux, il fallut FA parition du /abvrum pour que Constantin le Grand se décidât à faire sortir les chrétiens des éâtacombes, et à dresser des autels au Divin Chücifié, il fallut trois cents ans pour que cette fiole du Sauveur du monde “ 7% es Petrus et shfer hanc petram ædificabo ccclesiam meam ” fut parfaitement accomplie.

3B Parcourons d'un pas rapide les trois siècles que nôùs venons de mentionner.

“STAprès la mort d’Auguste, on vit passer succesden sur le trône de l'empire romain, Tibère ct Caligula ; le premier se distingua par sa tyrannié et le second, par ses folies. Vint ensuite Néron, ft? célèbre empereur comédien. Les premières années de son règne furent marquées par des traits dE générosité et de modération ; maisil se signala bientôt par des actes de cruauté inouïe ; il fit Hoürir Britannicus, Octavie sa femme, et Agrip- HR sa mère, et poussa la barbarie jusqu’à incen-

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dier Rome. Néron rejeta le crime sur les chrétiens et ordonna contre eux la persécution la plus cruelle, saint Pierre et saint Paul terminèrent alors leur apostolat. Le nombre des martyrs fut innombrable, suivant le témoignage de Tacite lui-même, “Une multitude immense, #wltitudo ingens, dit cet historien, fut condamnée, non parce que les chrétiens étaient reconnus coupables de l'incendie de Rome, mais parce que leur religion les rendait odieux au genre humain. Aux souffrances, Néron ajoutait la moquerie et la dérision. Quelques-uns furent enveloppés de peaux de bêtes et exposés à des chiens pour être dévorés ; d’autres crucifiés ; et plusieurs revêtus de tuniques enduites de matières inflammables auxquelles on mettait le feu à la tombée du jour pour servir de flambeaux pendant la nuit.”

Pendant le règne de Galba,d’Othon,de Vitellius, de Vespasien et de Titus, les chrétiens jouirent d'un peu de repos. Les persécutions recommencèrent sous Domitien qui fit périr le consul Flavius Clémens et sa femme, parce qu'ils étaient chrétiens. Une foule d’autres Romains subirent le même sort. C'est sous ce cruel tyran que l’apôtre saint Jean fut plongé dans l'huile bouillante.

Trajan, son successeur, avait de grandes qualités et de grands défauts, c'est sous son règne qu'eut

lieu la troisième persécution. Se trouvant un jour a Antioche, Trajan jugea saint Ignace, évêque de cette ville, et le condamna à être dévoré par les bêtes. L'histoire rapporte que le nombre des martyrs fut immense.

Rome respira quelques instants sous les empereurs Adrien et Antonin-le-Pieux, Marc-Aurèle ordonna la quatrième persécution. La plus illustre victime de cette persécution fut saint Polycarpe, évêque de Smyrne, en Asie. Quoique d’un âge très avancé, le saint évêque monta lui-même sur le bûché qu'on lui avait dressé, et attendit que les flammes vinsent le dévorer. On inventa à cette époque les tourments les plus atroces.

L'empereur Sévère mérita le nom qu’il portait. Le sang chrétien coula en abondance sous ce tyran, surtout à Lyon où dix-huit mille chrétiens périrent, sans compter les femmes et les enfants. Saint Irénée fut du nombre. Saint Grégoire de Tours dit que les rues de Lyon étaient inondées de sang: Zanta multitudo christianorum jugulata est, ut perplateas flumina currerent de sanguine christian.

Le Goth Maximien, qui régna de 235 à 238, persécuta principalement les évêques, les prêtres, les diacres, les lecteurs et les exorcistes. Saint Pontien et saint Anthère tombèrent sous les coups du barbare.

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