‹ Souvenirs de voyage d'un soldat de Pie IX [microforme]Chapitre 34 sur 54 · RP EE RE ER CES CPR CRE PENSER SIENNE · texte numérisé non relu

RP EE RE ER CES CPR CRE PENSER SIENNE

palais situé à l'endroit où Manlius fut éveillé par le cri des oies. La fête est commencée. La foule se précipite dans le Corso ; les balcons se couvrent de curieux. Les Romains chantent, dansent, gambadent, sautent, grimacent et lancent des confetti à droite, à gauche, en avant, en arrière, dans les voitures, sur les galeries, dans les fenêtres, sur les draperies, sur les banderoles, sur le mendiant et sur le prince, personne n'est épargné.

Les confetti, qui sont des espèces de bonbons en farine, de la grosseur d’une noisette, et qui se brisent en tombant, vous arrivent sur la tête comme une pluie torrentielle. Vous pouvez vous protéger la figure contre les projectiles en faisant usage d'un masque en fil de fer, mais votre habit! Il n'est pas besoin de vous dire qu'il ressemble bientôt à celui d’un meunier. Tout de même, c’est un curieux spectacle que de voir ce flux et reflux d'êtres humains tachetés, étoilés, tigrés et damassés. La population, qui se presse sur le Corso, présente l’aspect d’une forêt de vignes couverte de neige.

Vous venez de voir un coin du tableau, Mille autres scènes se déroulent devant vos regards--

quand vous pouvez regarder—-au milieu de la grèle des confetti. Ici, c'est un géant de douze pieds de hauteur qui s’avance majestueusement en

par foule vrent gamnfetti as les ur les ant et

nbons qui se Lomme rotéger usage bit! Il le bienest un reflux damas- Corso, erte de

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vous dardant un coup d'œil de travers ; là, les discipes de Vulcain, dont les lourds marteaux frappent l'enclume en cadence ; à quelques pas plus loin, apparaît une bande de brigands qui, le poignard à la main, foulent aux pieds un prince, à qui ils réclament une énorme rançon pour le rachat de sa liberté. À un autre endroit, c’est Roland dont l'épée transperce vingt barbares à la fois. Les représentations changent à chaque instant, et l'œil ne se lasse jamais d'admirer.

Les zouaves canadiens n’ont pas voulu le céder aux Romains en fait de folies ; ils ont figuré avec honneur dans les deux carnavais qu'ils ont passés à Rome. La dernière année, plusieurs de nos compatriotes ont parcouru le Corso dans un magnifique canot d’écorce, placé sur un chariot que trainaient quatre chevaux superbement harnachés.

Les zouaves portaient le costume du guerrier indien, de l’Iroquois, si je me le rappelle bien. Leur apparition sur la scène a frappé la population romaine d'étonnement. Aussi, ont-ils été couverts d’applaudissements et de coufetti.

La comédie se continue jusqu’au premier coup de canon tiré du fort St.-Ange. Alors, les équipa-

es de toutes sortes commencent à évacuer le

Corso, et au deuxième coup de canon, la rue ne renferme plus personne. La foule forme la haie

| de chaque côté du Corso, et un détachement de dragons parcourent la rue dans toute son étendue,

, t afin de veiller à ce qu'aucun des spectateurs ne se f . ‘te . , 4 1 tienne au milieu. Pourquoi toutes ces précautions ? : 10 F " V 4 Que va-t-il donc arriver ? C'est l'heure fixée pour Eu la course des barberi, ou chevaux. Le point de \ | \ p sl | départ est à l'obélisque ñe la place du Peuple. ; l il:

1 Longtemps avant la course, les chevaux sont É # À . \ . C pi réunis à cet endroit. Couverts de molettes en fer hl , ÿ è . av ‘4 et de feuilles de papier, les sept coursiers hennisco sent, piaffent, carocollent et menacent de rompre FA J Co # leurs freins. Au son de la trompette guerrière, ne ë Cat il les #arberi enfilent le Corso en brûlant le pavé ; : 4 RE Es voi ils ne courent pas, ils volent. Arrivés à la place ds. : ; 3 À ète de Venise, des barbereschi, où palefreniers, arrêtent de les coursiers au moyen de deux toiles, qu'ils L tendent à une certaine distance l’une de l’autre. 1 Le Sénat lui-même couronne le cheval vain- % A . . .

4) queur, et le maître de ce dernier reçoit le prix de ci L2 . L . L] LI ki la victoire-le prix est ordinairement de 250 lires —-avec un otriflamme d'honneur. Un corps de . x £ y w L': . . 1 musique accompagne le propriétaire jusqu'à son W lun

domicile ; et, du haut de son balcon, le vainqueur $ cha jette de l'argent au peuple qui l’applaudit, comme secs autrefois les illustres conquérants lorsqu'ils mon- au d taient au Capitole.

Le dernier jour, à la course des #arberi succède dem

nt de le jeu des #accoli, ou flambeaux. Une fois ce diverà ro tissement terminé, les Romains peuvent répéter ph L avec Perrette : “ Adieu, veau, vache, cochon, couvée,” car c'est le dernier jeu du carnaval. Les ac- :e pour . e teurs que nous avons déjà vus figurer, reparaissent int de à TR sur le Corso avec les mêmes décorations ; mais Peup ils portent de plus à la main des maccoli ou des x Sont bouts de chandelles, Chaque Romain se présente n'en à avec un maccolo allumé ; on voit aussi des machennis- coli dans toutes les fenêtres. On dirait que le ni Corso est en feu. Mais cet aspect change souvent, uerrière, car chacun s'efforce d'éteindre le maccolo de son e Pavé : voisin, en criant: “Mort au maccolo ”! Pour la place éteindre les flambeaux, on se sert de mouchoirs, oi de chapeaux, d'évantails, de confetti, de toutes es, qu'ils sortes d’éteignoirs enfin. Les piétons sautent autre. dans les voitures, les cavaliers grimpent sur les al vain- balcons ; c'est une guerre générale, Les maccoli e prix de disparaissent, se rallument pour s’éteindre encore. 250 lires | C'est un spectacle vraiment féérique. corps de Un troisième coup de canon retentit, et les squ'à SOn D lumières et la foule s'évanouissent comme par enrainqueur BE chantement ; le carnaval est terminé. Les Romains t, comme D secouent la poussière qui les couvre, et rentrent ‘ils mon- DB au logis.

Un tel peuple peut-il être malheureux ? Nous i succède D demandons aux libres-penseurs de répondre.

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