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“Hier, j'ai été à la maison où fut condamné Jésus-Christ ; j'ai monté la Sacla-Santa, et c'était avec beaucoup de peine, et j'avais un soutien enfin j'y suis parvenu. C'est cet escalier qu'il a monté pour être condamné, En le montant, je me disais : peut-être demain moi aussi je serai condamné par les catholiques d'Italie, X/22 matris JNE@ pugnaverunt contra me. Il me faut beaucoup de force, et Dieu me la donne ! Deo gratias ! “ Les élèves du séminaire américain m'ont ‘demandé de prendre les armes, mais je les ai « 7) . . . . . \
remerciés, et je leur ai dit de se joindre à ceux
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qui soignent les blessés.
OICI Maintenant que Rome est enve oppée “et que l'on commence à manquer de beaucoup “ de choses. . ..
“ Hier, en revenant de la Scala-Santa, j'ai vu “tous les drapeaux que l'on a mis dans Rome pour “se protéger. Il y en a des anglais, des améri-
ÿ 8 “cains, des allemands, même des turcs. Le prince “Doria en a mis un anglais, je ne sais pourquoi.
“Quand je suis revenu de Gaëte, ajouta triste- “ ment le Pontife, j'ai vu aussi sur mon passage “beaucoup de drapeaux qui avaient été mis en
“mon ‘honneur. Aujourd'hui, c'est différent ; ce “n'est pas pour moi qu'on les a mis.
“Ce n'est pas la fine fleur de la société qui “accompagne les Italiens quand ils attaquent le “ Père des catholiques ; c'est une miniature de ce ‘“ que faisaient les jeunes Romains qui se rendirent ‘au camp des Césars quand il passa le Rubicon. “ Le Rubicon est passé. ... Æiat voluntas tua in “cælo et in terra, ... Pot viene il codice dei fatti “€ compiuti.”
Après avoir fait arborer le drapeau de la paix, Sa Sainteté dit au corps diplomatique :
“Je viens de donner l'ordre de capituler. On ne “pourrait plus se défendre sans répandre beaucoup “de sang, ce que je ne veux pas. Je ne vous parle “pas de moi; ce n’est pas pour moi que je pleure, “mais sur ces pauvres enfants qui sont venus me “ défendre comme leur Père. Vous vous occuperez “ chacun de ceux de votre pays. Il y en a de toutes “les nations. ... Pensez aussi, je vous prie, aux “ Anglais et aux Canadiens, dont personne ne
“ représente les intérêts ici....
“Je vous les recommande, je vous les recom- “ mande tous, pour que vous les préserviez des “mauvais traitements dont d’autres (en 1860) “eurent tant à souffrir, il y a quelques années.
“Je délie mes soldats du serment de fidélité
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a paix,
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“qu'ils ont fait, afin de leur laisser leur liberté.”
Le Pontife-Roi congédia ensuite les membres du corps diplomatique ; il pleurait comme un enfant.
La capitulation dont vient de parler Pie IX, se lit comme suit :
Capitulation pour la reddition de la tlace de Rome, stipulée entre le commandant général de S. AT. le roi d'Italie et le commandant général des troupes pontifiales, respectivement représentés par les SOUSSIgHÉS.
Villa Albani, 20 septembre 1870.
I—La ville de Rome (sauf la partie qui est limitée au sud par les bastions de San-Spirito, et comprend le mont Vatican et le château Saint- Ange, et constitue la cité Léonine) son armement eomplet, drapeaux, armes, magasins de poudre, tous les objets, appartenant au gouvernement, seront remis aux troupes de S. M. le roi d'Italie.
II. Toute la garnison de la place sortira avec les honneurs de la guerre, emportant ses drapeaux,
armes et bagages. Les honneurs militaires une fois rendus, elle déposera les drapeaux, les armes,
à l'exception des officiers qui garderont leur épée,
leurs chevaux et tout ce qu'il leur appartient. Les
troupes étrangères sortiront les premières ; les
autres suivront selon leur ordre de bataille, la gauche en tête, La sortie de la garnison aura lieu demain matin, à 7 heures.
III. Toutes les trounes étrangères seron* l‘-enciées et les soldats renvoyés immédiatemen, dans leurs foyers par les soins du gouvernement italien, qui les dirigera dès demain par le chemin de fer vers la frontière de leur pays. Le gouvernement à la faculté de prendre ou non en considération les droits de pension que ces troupes pourraient avoir stipulés avec le gouvernement pontifical.
IV.-——Les troupes indigènes seront constituées en dépôt sans armes, avec les allocations « Îles ont actuellement. Le gouvernement du ru se réserve de statuer sur leur position future.
V.—Elles seront envoyées à Civita - Vecchia dans la journée de demain.
VI.—-Les deux parties nommeront une commission composée d’un officier d'artillerie, d’un officier du génie et d’un fonctionnaire d’intendance, pour la remise dont ilest question à l’article 1er.
Pour la place de Rome :
Le chef d'état-major :—RIVALTA.
Pour l'armée italienne :
Le chef d'état-major :—D. PRIMERANO.
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ne comrie, d'un endance, ticle 1er.
Le lieutenant-général commandant le IV* corps d'armée :-——CADORNA.
Vu, ratifié et approuvé :
Le général commandant les armes de Rome.— KANZLER.
Le lendemain, 21 septembre, jour si tristement mémorable, le général Kanzler annonce le jicenciement de l’armée romaine dans les termes suivants :
“ Officiers, sous-officiers et soldats !
“ Le moment fatal est venu, où nous devons nous séparer et abandonner par la force ce service du Saint-Siége, qui, plus que tout au monde, nous tient tant à cœur !
‘ Rome est tombée ! mais, grâce à votre courage, à votre fidélité, à votre admirable union, elle est tombée avec honneur.
“ Quelques-uns d’entre vous se plaindront sans doute de ce que la défense n'ait pas été plus prolongée ; mais une lettre de Sa Sainteté éclaicira tout, Ce témoignage de l’auguste Pontife sera la consolation de tous, et la plus belle récompense que nous puissions obtenir dans les circonstances
actuelles. Je dois également vous faire connaître que séparée, par la violence, de son armée, Sa Sainteté a daigné vous délier de tous vos serments militaires.
“ Adieu, mes chers compagnons d'armes ! N'oubliez pas votre chef, qui conservera de vous tous un grand et impérissable souvenir.
“ Rome, 21 septembre 1870, “ Le général pro-ministre des armes,
“ KANZLER.”
Le colonel Allet adresse aussi quelques paroles d'adieu à ses chers enfants, et l'heure de la séparation est enfin arrivée. Mais il se passe alors une scène que tous ceux qui en ont été les témoins, n'oublieront jamais. Tous les soldats pontificaux auraient désiré voir encore une fois leur Père bienaimé, et cette faveur allait leur être refusée, puisque l’ordre de se mettre en marche était donné, lorsque tout à coup une fenêtre du Vatican s'ouvre, et l'on voit apparaître le véritable Roi de Rome. Levant les bras vers le ciel, Pie IX commence la bénédiction solennelle “ Benedictio Dei omnipotentis." Le cri de “ Vive Pie IX”! s'échappe de toutes les poitrines ; les uns lancent leurs képis en l'air, d’autres présentent les armes.
Des balcons des résidences qui entourent la place St-Pierre, des milliers de personnes répètent “ Vive Notre Saint-Père! Vive le Pape ! Vive Pie IX,notre roi !” C’en est trop pour le cœur du Sou-
verain-Pontife. Succombant à l'émotion qui le suf- \
- N'ou-
us tous