‹ Souvenirs des FunambulesChapitre 32 sur 43 · AMÈRE TRISTESSE · texte numérisé non relu

AMÈRE TRISTESSE

Amère tristesse, fille de la pluie et du brouillard, nm^re tristesse, tu m'envoies de jaunes pensées !

Les femmes ^ont laides, les hommes méchants, mon habit se déchire au coude, les parapluies sont les rois de la rue.

Amère tristesse !

Si j'allais chez la mère Cadet! mais le cabaret est morne, le vin bleu, et, sous la f(Miètre, passent trempés jusqu'aux os des bandes de croque-niovts en hal^it'^ râpés.

Amère tristesse !

.Te courraisbien voir la douce et saltiinltanqueColomluiie, l'étrange et cruel l\>liilunelle : licn ([ii»^ Unir crstume me

réchauffe le cœur. Policliinellea attrapé une entorse, et mon aimée Colombino s'est oubliée à boire quelque part dans le verre d'un autre.

Amère tristesse l

C'est dans le travail qu'on secoue toutes les mauvaises pensées; mais le lit blanc vous tend les bras. On travaillera demain. Nuit funeste et longue où le tic tac de l'horloge, trop distinct, ne peut être pris pour un rêve. Fouillis de pensées, plans enchevêtrés, laissez ma tête. Par grâce, que mon cerveau se vide un quart-d'heure !

Amère tristesse !

Le lendemain, le soleil 'inonde la chambre; les oiseaux chantent leurs carillons. De la fenêtre ouverte, on entend le babillage des marchands, et les fleurs du marché envoient la dime de leurs arômes jusqu'à ma mansarde.

L'amère tristesse est envolée. *

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