HM W
M. DE MARCKLLUS A H. DE CHATEAUBRIAND
Loudres, 9 Juin 1823.
Rien de nouveau de Séville; le ministère britanniqne est fort préoccupé de notre expédition vers cette province , et des divers actes de la régence.
Il reconnatl les difficultés de sa position, dont il accuse M. Ganning. Ce ministre, de son côté, est plus inquiet encore. Il ne sait que répondre. « Ce mou* « vement sur Séville est inexplicable , » disait-il hier : « j'étais donc mal instruit. Quoi ! le prince n généralissime a ainsi vingt mille hommes à sa dis- « position I Sir W. A'Court doit être dans un grand a embarras. Mais que faire? Les Français seront a ce' Séville avant le courrier que j'y enverrais. Je ne « dis pas que précédemment je n'aie engagé sir W. « Â'Courl à favoriser la délivrance conditionnelle <x de Ferdinand ; mais aujourd'hui, ordonner à notre « ministre de se réunir au corps diplomatique en K Espagne, ce serait ôtor à la sûreté personnelle du c< roi son dernier garant. Sir W. Â'Court suivra ce partout Sa Majesté Catholique. Si nous nous som- «c mes trompés dans nos conjectures, ne nous Irom- « pons plus. Ce serait une faute politique de déta- « cher aujourd'hui de Ferdinand notre ministre; « mais que vont devenir nos réclamations, nos re- « lations commerciales, notre influence en Espacr gne? etc., etc. » — Dans ces perplexités, M. Canning attend avec une impatience redoublée un courrier de Séville. Il est très-agité au fond de rame. En apparence , il se rapproche de ses coliè^ gués; il parle des intérêts monarchiques; il a vu deux fois le roi , qui a été très-satisfait de sa con-
GOmUSSPOllDANCE. 293
versalion et d*uD certain retour aux anciens principes. Je ne crois pour mon compte, en ce moment, ni à la sincérité ni à la durée de ce retour.
Scd flecU poterit, mens est mutabilis illi.
Si mes deux dernières dépêches officielles ne vous avaient pas assez rassuré sur le prétendu emprunt des Cortèa, dont vous me parlez dans votre lettre du 6 , je vous dirais qu'il n'en a pas été question pendant plus de vingt-quatre heures , et que toutes les spéculations se dirigent vers notre emprunt des vingt-lrois millions de rente. On dirait la guinée anglaise aimantée : car elle se tourne toujours vers le pôle vainqueur. M.
s. BB HAnCELLITS A H. DS CHATBAUBBUIID.
LoiMlreɻ13jaiol8u.
Toujours rien de nouveau ; point de courrier de Séville. Chacun de nos progrès pacifiques à Madrid trouble le ministère britannique. J'ai tort de dire le ministère : cette désignation collective ne peut i^as
994 POLITIQUE DE LA BBITAllRATIOIii .
s'appliquer à on corps d'indiTidus si divers dans leors vœux. C'est donc M. Canning, lord Liverpool et M. Robinson , que le souyenir de leurs discours et de leur conduite passée alarme; les autres ministres, et le duc de Wellington à leur tête, se réjouissent hautement de la tournure que prennent les affaires.
Le roi s'est expliqué* • Quelques-uns de mes mi- « nistrcSy » a-t«il dit, « cherchent à jouer un rôle ir dans la Péninsule, à donner dos conseils aux vain- « eus 9 et môme aux vainqueurs. Je les retiens , et « je m'y oppose. Neutralité entière. Les Français « sont forts ; le duc d'Angouléme est sage : laissons- <c les faire. Nous leur avons nui pur nos paroles, ne «c leur nuisons pas par nos actions. »
Depuis la conversation que Sa Majesté eut avec moi dans l'audience publique, et Particle outrageux du Times qui en fut la suite^ le bruit s'est répandu en Irlande, en Ecosse et dans les provinces, que, comme son père, le roi était devenu fou. Georges IV le sait; et c'est en partie pour démentir ces rumeurs que, malgré un accès de goutte récent, il a paru aux courses d'Ascot, dans les environs de Windsor. Sa santé s'est considérablement afTaiblie. 8t môme los attaques de goutte ne deviennent pas moins fréquentes et moins douloureuses, les médecins intimes pensent que Thiver prochain pourrait être fatal an
roi. C'est pour prévenir les efTels de la mauvaise saison qu^on parle sérieusement craller prendre les eaux du continent. Ce voyage sera définitivement résolu ou rejeté vers la fin du mois.
Le comte de Ludoir, ministre de Naples, m'a parlé de l'opposition momentanée mise par sa cour à notre ingérenoe dans les afTaires espagnoles comme d'un obstacle levé aussitôt. M. Canning connaît cet incident , et même celui d*un prétendu voyage do la reine d'Étrurie à Madrid. « Cette démarche de la «r cour des Deux-Siciles , » m'a-t-il dit, <c est fanfa- « ronne, irréfléchie, et porte un caractère tout naft politain. Tout le flegme et la gravité de l'Anlriche ff ne sauraient lui donner du poids. » — Quant à moi 9 je ne crois pas Pintriguo anslro-napolitaino entièrement terminée partout : mais ici , je vous lo répète, elle n'a pu ni germer ni s'ennicînor, giàco à l'union intime que mes collègues du continent et moi nous avons constamment présentée au miiii.stère britannique comme un bouclier inamovible, ou plutôt comme un r^z/vr/ qu'on ne saurait entamer.
L'intérêt public semble se réveiller un moment ici pour la cause des Cortès; mais il ne se manifeste que par des meetings, pour tenter d'établir en leur faveur des souscriptions pécuniaires, qui ne seront ni générales ni productives. M.
296 POUTIQUB DE LA HBSTAURATIOEI.
M. DS CHATCAinnUAlID A M. DE NAKGEtLVS.
Paris, 16 ittln 1823.
Tandis que vous faites des souscriptions pour les Cortèsy les Certes se préparent à aller les recueillir à Londres. Nous en sommes à savoir si le roi ira se faire prendre à Cadix, ou bien s'il restera à Séville, où Bordesoulle doit être arrivé aujourd'hui même...
Mais n'est-il pas singulier que vous ne sachiez rien h Londres de la contre-révolution de Portugal que tous nos journaux vous apprendront? Est-ce les vents, est-ce un embar^) qui retiennent les vaisseaux dans le port de Lisbonne?
Je n'ai rien à vous dire de plus, sinon que la Providence parait s'être visiblement déclarée pour nous et pour la cause de toutes les monarchies de l'Europe.
J'ai porté au roi votre dépêche du 13; je lui avais lu aussi votre lettre du 6. C.
GOBRBSPOIfDAlICE. 297
M. DE BIABCEIXUS A H. BE GHATEAVBEIAND.
LOBdres, 17 JviD 18S3.
L'agent de la régence d'Espagne est arrivé. Les ambassadeurs de Russie et d'Autriche, qui étaient instruits de la mesure, la désapprouvent. Je ne partage point leur avis j bien que je sois persuadé, comme eux, que cet agent ne sera pas reconnu avant la délivrance de Ferdinand ; mais sa présence, qui n'offre nul danger, augmentera . les embarras des trois ministres dissidents, mettra les autres à l'aise, et redoublera le désir qu'ils ont tous d'en finir.
Les réfugiés espagnols , les Certes et leurs nombreux agents sont de nouveau à la mode à Londres. L'Opposition les protège, et les partisans du ministère, liés quelque peu par leur passé, guidés surtout par un sentiment d'humanité réelle, les favorisent aussi par routine.
Lady Jersey, qui n'a pas renoncé au rôle de femme politique, a imaginé un grand bal d assistance aux principes de la constitution des Cofiès^ (c'est le tir
298 PClLiriQUK PK hJi ftISSTAUnATIOM.
tre de raffichc) à 5 livres sterling le billet (125 tr.). On on rit ; mais on ira par singularité , et surtout parce que les billets soiat três-chers.
Le duc de San-LoreDzO| que je rencontre souvent, peu enthousiasmé de son ovation éphémère, m'exprime chaque fois son vif désir de voir finir la guerre, et de pouvoir retourner à Paris, obscur et ignoré, pour ne plus quitter notre capitale.
Voue avec vu, dans le grand meeting en faveur dea Eapagnoli, la violente sortie deTéditenr du Sun contre nos prétendues séductions. Le fait est qu'un de nos agents très-subalternes avait eu la maladresse de promettre au directeur de ce journal toutes les nouvelles de Tambassade française à Londres* C'était, par lo temps d*agiolage qui court, pro* mettre une montagne d'or; en effet, Téditeur du Siui, M. Mî4ilie, se présenta trois fois à ma porte, et, à la fin, me fil écrire un billet pour me deman* der d'entrer en communications politiques avec moi. Je ne voulus ni le recevoir ni lui répondre, et j'ai tout lieu de m'en applaudir, puisqu'il vient de dé«clarer au public que c^était un piège qu'il m'avait tendu»
M. Canning m'ayant parlé avec quelque malice de cet incident , et nous croyant toujours de grands suborneurs de la presse , je lui ai raconté toute la conduite de M. Mudie à mon égard, ses sollicita-
tiens réitérées, et mon silence obstiné. J'ai ajouté que l'on avait bien mal à propos attaché à Paris une certaine importance à ce journaif le Sun^ surtout parce qu'on le considérait comme son organe à lui* mémo, M. Ganning Le ministre, sans me désabuser, fi'est mis à rire; puis, il s'est écrié : « Maudits jour* « nauN ! on ne sait jamais la veille pour qui ils •« seront le lendemain.,, et toujours si friands do a nouvelles!... Certes, ils pratiquent bien mal le « précepte d*Horaco :
« Arennum neqtie tn serutaberls nlllus nnqunm. §
— On fait beaucoup de bruit de l'expulsion de Paris de lady Oxford , de mislriss Hutchinson ol do madame de Bourcke; on avait ajouté à ce trio féminin le nom de lord Holland. Je me suis aperçu que cet acte de rigueur envers un pair d'Angleterre mécontenterait beaucoup ici l'aristocratie ; suisje à temps de le prévenir? Il allait à Paris soigner un fds dangereusement malade. En 1821, il y eut, de la part de la cour de Vienne, ordre de ne pas le laisser pénétrer en Italie. Nous sommes assez forts pour être plus généreux, et pour pardonner à qnelquos femmes.
Je réponds à votre question, et voici en ce moment où en est la presse quotidienne a Londres.
Le Morning'Chronicle %i le Times ont repris le
300 POLITIQUE DE LA RESTAt RATION.
ooars de leurs inconvenantes personnalités; mais le Morning-Herald^ leur pâle image, a depuis trois mois servi nos intérêts et publié nos louanges. N^est-ce pas là le prophète Balaam appelé pour maudire Israël , et le bénissant? La piquante correspondance de Madrid que publie périodiquement le Morning'Herald, en révélant l'impopularité de la constitution des Cortès et Taccueil fait à nos troupes, lui a valu ici un grand nombre d'abonnés. Dès lorSi ce journal n'a pas hésité à sacrifier la politique à la spéculation, et il continue à offrir à ses nombreux lecteurs des tableaux de Madrid et des provinces voisines de tout point favorables à nos vœux.
Vous aurez remarqué ce qu'un jour de cet hiver le flegmatique M. Peel a dit avec une grande autorité aux Communes : — « Quand la presse abuse de « la liberté qui lui est accordée dans ce pays, cette « licence porte avec elle un remède certain ; et c'est (c une conséquence naturelle de l'exagération des a journaux, d'affaiblir eux-mêmes le crédit et l'in- « fluencedonl ils cherchent à se prévaloir. »
GOBRESPONDAHCE. 301
H. DE GHATEACniAlID A H. DE MARCELLUS.
Paris, 19 join 1823.
. Je reçois à rinstant de Madrid la confirmation des bonnes nouvelles du Portugal. La contre-révolution y a été consommée le 3, et le roi et la famille royale rendus à leur pleine et entière liberté. Cela est immense pour nous par les résultats , et cela finit richement la guerre d'Espagne. Maintenant que Ferdinand VU soit emmené à Cadix (comme je le crois toujours), cola prolonge de quelques moments la lutte, et voilà tout.
Bourmont et Bordesoullo doivent être au plus tard aujourd'hui à Séville. Il est aisé de remarquer un redoublement d'humeur dans une portion du ministère anglais, à mesure que nos succès augmentent et que les choses tirent à leur fin. Cela passera , et TÂngleterre sentira bientôt la nécessité de ne pas se brouiller avec TEurope par amour pour les jacobins d'Espagne. C.
PuUTIQtiE Oi LA MttriAtllATioM.
cxxu.
a. DE HABCEtXVS A M. DE CHATKAVfiEUKO.
Londres, 10 juin iS23.
Les vents continuent à être contraires : point de nouvelles directes de Séville ni de Lisbonne. Les souscriptions pour les Cortès et les hais Je secours vont leur train. On ne peut se le dissimuleri l'opi* nion publique se nourrit de son Gel contre nou?, le répand et le propage. Le meilleur conlre-poisony c'est notre parfaite sécurité en Espagne, nos progrès et le coinmencement de la fin.
Ici, ta querelle intestine du ministère s'envenime. M. Canning est plein d^aigreur; ses collègues lui reprochent d^avoir rendu la neutralité de l'Angleterre hostile à la France^ quand elle devait être plutôt bienveillante pour nous. « Je les avais avertis, » me disait hier le duc de Wellington , « je savais « comment finirait Tarfaire. Ils ont asi suivant leurs « idées de ressentiment; qu'en résulte-t-ii ? Que « tout se fait sans nous, ou malgré nous. Nous souia mes séparés du continent. PenUiis toto orbe di'^ « visos. » (Voilà le guerrier lui-môme devenu sco-
coAHÉspoiiDAftciL. 303
tar. C*est une mode qui prend.) « Nous sommes
cr sans nouvelles Bh bien! nous avons mérité
ce d'être laissés de côté, et notre rôle en tout ceci « n'a pas été ce qiiMt devait être. »
Pour sortir de cette position si fausse envers ses collettes, M. Catming fera tôt ou tard des pas vers nous. Je le rencontre souvent; mais, après le Quid nwi fert Iberia? qui sort loujôtirs de sa bouche, et ma répodse, nous parlons des événements de Lis«» bonne ou des transactions dn parlement.
Le conrrier Albanez^ porteur d'une lettre de ta régence pour M. Canning, est arrivé ici le 10. Il a rerois sa lettre ; on lui a expliqué au Foret gn-office que, s'il y avait une réponse, on l'enverrait directement à Madrid par un courrier anglais. Cet Alba^ nez s'est présenté ici à la légation espagnole , où il a été fort mal reçu.
On prétend que l'anniversaire du 7 juillet va être célébré ici par les réfugiés espagnols. Quelle scandaleuse atrocité! Je ne veux pas y croire.
P. S. M. de Bacourt, attaché à la légation des Étals-Unis, est depuis quelques jours à Londres. 11 nie parait, sur tous l^s points, digne de votre bienveiManee, et je la sollicite pour lui.
M. OE HARGBLLUS A M. DE CBATEAUBAUHD.
Londres, il juio 182t.
Ces jours-dy un membre de la chambre haute 8'esl fait annoncer chez moi , et m'a salué en grec moderne. La conversation a continué quelque temps en celte langue | puis mon savant interlocuteur y a mêlé le grec ancien ; et , comme il n'y a entretien si littéraire où ne se glisse un peu de politique^ — a Connaissez-vous , » m'a-t-il dit , <t le portrait de ce M. Canning peint par Homère? Le voici , bien que « notre Ulysse ait depuis quelques mois un peu ou- « blié sa prudence. » Et le pair d'Angleterre , qui sait le grec comme Démosthène , mais qui le pro* nonce d^me manière presque inintelligible, comme un écolier d'Oxford , m'a récité ces vers de l'Iliade :
« Quand le prudent Ulysse se lève, et que, de- Cl bout, immobile, les yeuK baissés, il regarde la (c terre semblable à un homme sans expérience , « vous le prendriez pour quelque insensé ou pour nu « imbécile. Mais, quand sa grande voix laisse échap- « per de sa poitrine des paroles précipitées comme
GORKESP0IVDA1NG&:. 305
ff des flocons de neige en hiver, c^esl en vain qu'un <c autre mortel essaye de lutter contre Ulysse; et c nous qui Técoutons , nous ne pensons plus qu'à « ce qu'il dit. »
Tout ce préambule n'est là que pour introduire auprès de vous lord Guilford, à qui j^ai donné une lettre à cet effet. C^est un homme éclairé, simple et bon , charitable à l'excès, xaXoç % àrfoAo^. Protecteur des Grecs, bienfaiteur des îles Ioniennes, il porte dans ses armes et dans son cœur celte devise française : Im vertiie est la seule noblesse. Il part après-demain pour Corfou, traverse Paris, et voudrait, dit-il, voir une fois de ses yeux, avant de quitter le monde, l'auteur de Y Itinéraire^ que les stances de lord Byron ne lui ont point fait oublier. En tout cas, le noble lord, heureusement pour la Grèce, ne me parait pas bien pressé de mourir. Figurez-vous qu'il vient de m'envoyer une carte d'invitation à cette fin que j'aie à diner chez lui {Saint-James Street)^ à son retour de Corfou , dans cinq mois , le mardi \^^ décembre prochain, à trois heures de l'aprèsmidi. ( On n'attendra pas passé quatre heures moins un quart.) Cette formule a été tout nouvellement adoptée pour mettre à son aise le duc de Wellington, ennemi de la ponctualité en cette matière.
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30â roLlllQtK W Ul tt£SlAVUAT10.\.
M. DE ClIATEAUBElAlin» A H. DE HAECEUX'S.
Paris» 24 Juin 1633.
LonI Guilford sera le bienvenu avec tout son grec. Je n*en ai plus guère dans ma tête ni d«ins mon bagage. Il me reste bien quelque part un Homère que j*ut tout barbouillé de notes et d'essais de traduction ; mais je ne Tai pas ouvert depuis /a Monarchie se/on la charte, où j'essayai de commenter à ma façon Taxiome fameux : « Il rtest jhis Inm quily ait plusieurs chefs, * La chose me réussit alors assez mal , comme on se chargea de me le prouver en me rayant du ministère d'État. Voilà ce que me valut eis koiranos esta ^ que je ne sais plus même, comme vous le voyez, écrire en lettres grecques (1). C.
ii^ii^wp*»-»*ii^-^"-^-«w^— »^^»—^»»'"*w*w— *— ^■— "^i*^-
(1] Cette pnnltf on» fnfltgée à ta Monarchie selon la charte revenait souvent sot» la plume et dans la mémoire de Tambaaiadeur à Loudret. « La même nMin, • roe dit-il on Jour qu'il prenait un livre sur mes tablettes, « la ménie royale main • qui avait nommé ministre Fouché le régicide, ayant rayé de
COHEfiMPOUPàliOft. 307
«. DE HABGKLUJH A M. OK GMATBACBRUW.
UMidMt,14jliaU!l3.
Depuis dix moi» je vois régalièrement M. Can« ning , et je n'ai jamais observé en lui , mieux qu'à la nouvelle du départ du roi Ferdinand pour Cadix, celle maligne joie qid s^élès^e souvent en son cœur, et dont sa gloire indignée ne le saiwe pas du lout, si inférieur en cela au César de Corneille. J'élais di« manche dernier à Gloccster-Lodge , où il m'avait prié de venir, et il avait grand'peineà cacher sa salisfaclion. « Rien ne finit en Espagne, » me diraitil pres({ue gaiement; « combien de troupes y avezc vous en ce niOEncnt? Quels renforts vous demande a le maréchal Moncey ? » -^ J'ai répondu à ces questions désobligcanles avec calme et fermeté. J'avais reçu une lettre du quartier général de monsieur le duc d' Angouléme , en date du 14, annonçant nos succès et nos espérances » et je Tai citée. « Oui|
• la liste des ministres d*Ktat Cliateaubriand Vétnigré, force Ait « de vendre mes livres, et je u*ai Jamais eu depuis de quoi en
• acheter. »