ÉPILOGUE. — Un mot sur celte dernière lettre
Hélas! cet amour propre blessé qui ri est pas coni' battu par un penchant généreux aux sajcrifices devait, un an plus tard , se reproduire ailleurs qu'en Angleterre. Combien de fois dans la crise rapide qui, en 1824, enlevait M. de Chateaubriand à l'avenir de la France, et depuis ce jour fatal ' à tant d'intérêts , combien de fois le jugement suprême qu'il avait prononcé sur son rival britannique n'a-t-*il pas assiégé ma pensée ? Ne pouvait-il donc imiter
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jusqu^au bout l'ami magnaDiœe quMl avait remplacé daaa le conseil du roi ? Jualemenl fier d'avoir rétabli le crédit de Tanlique monarchie^ d'avoir vaincu M. Canning aux yeux de l'Europe allenlivei d'avoir gravé pour jamais son nom au temple de Phisloire» le dominateur de la littérature moderne ne devait-il pas se retirer noblement dans Thonueur de tous ces triomphes, et préférer à la vengeance vulgaire des cœurs médiocres la gloire si pure et si rare de Tabnégation? Comment ce juge si perspicace et si flegmatique des fautes d'autrui était-il sitôt devenu, dans sa propre cause, si passionné et si irritable? Y au* raitnl donc dans le pouvoir, comme me le disait M. Canning, quelque chose qui enivre et fait chanceler les plus fermes esprits ?...
Ainsi, notre correspondance politique et active ne devait plus se croiseï"; mais la prophétie ne s'est pas démentie complètement , et nous de^*ions hous ntrouver ailleurs.
En 1829, lorsque, nommé sous-secrétaire d'État des affaires étrangères, je consultais l'expérieuco de M. deCiiateaubriand, et que, nous promenant lentement d'orme en orme sur le boulevard Mont«Par> nasse, il déroulait devant mes yeux, avec cette intuition de l'avenir, don particulier de sa nature, les terribles conséquences de l'impopularité dans le gouvernement représentatif; alors qu'armé de l'autorité
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de ses ancienoes fonctions , il m'ordonnait de fuir, loin de Y hôtellerie île Itf rue des Capucines, ce qu'il appelait Timpéritie du meilleur des hommes et Taveuglement du meilleur des rois.
Enfin y nous devions mms relmui^er en 1848, peu de mois après le soudain écroulement du trône de juillet, dont il uvait tant prédit \^ chutei lorsqna, la télé fiffaissée et le regard ?nQuraiU| il janguissait ^, rapproche du jour qui allait le ravir k 1^ terre!. T.
Mon Dieu! mon Dieu! quand vous voulez retirer à vous le génie , pourquoi donc refuser à ceux qui restent après lui une étincelle de ce feu que vous allez éteindre?
Le comte de Marcëllcs.
nx.
AVIS
* Quand parut la pi^emière édition de cet ouvi*age^ les journaux français en parièrent avec une indulgence unanime. Les feuilles anglaises vinrent ensuite ; et^ parmi elles^ la Revue d'Edimbourg se livra à une critique sévèi*e, seules lignes malveillantes que cette correspondance intime de M. de Chateaubriand ait inspirées d'un cdté de la Manche et de l'autre.
Je répondis aussitôt à l'article de la Revue d'Edimbourg par des explications qui furent insérées , à Paris, dans la Revue contemporaine; j'y avais joint, comme ici, le texte anglais des principales attaques que j'avais eues à subir. J'ai cru à propos[d'annexer cette réponse à l'édition que je publie en ce moment; elle complète ma tentative; et l'aveu final; tout en faveur de la Restauration^ qu'arrache à mon antagoniste la force de la vérité, achève le tableau d'une époque que j'ai cherché à mettre sous son vrai jour.
Je m'arrête. Les pages qu'on va lire disent le reste.