LES PASSIONS AU QUARTIER GÉNÉRAL
31 Octobre 1870.
Les passions ne désarment pas au quartier général. La capitulation de Metz n'a fait que les attiser. M. de Bismarck a de la peine à se mettre à leur diapason. Il les partage sans doute; mais il peut craindre qu'en les manifestant trop haut, elles n'impressionnent l'Europe et ne contrarient le jeu de sa politique. De là ces bruits de désaccord entre le cabinet militaire et le cabinet politique du roi, affirmés, démentis tour à tour, qui tiennent l'opinion en suspens entre l'espérance et le découragement. Des dissentiments ont surgi entre le chancelier et M. de Moltke, cela n'est pas douteux ', la Gazette de /' 'Allema-
1. Maurice Busch. « M. de Bismarck est toujours souffrant; on l'attribue à l'attitude des généraux qui, en différentes circonstances, ont négligé de demander son avis sur des questions qui n'étaient pas de leur compétence. Il se plaint de ce que l'état— major ne le tienne pas au courant. Ce n'est qu'après de longues supplications qu'il a obtenu qu'on lui communiquerait ce qu'on télégraphie aux journaux allemands. « En lb66, dit-il, il en » était autrement; alors on m'appelait à tous les conseils. Ma » charge l'exige : il faut que je sois instruit de toutes les opéra- » tions pour préparer et conclure la paix à l'heure psychologique. »