RÉCONCILIATION DE M. DE BISMARCK ET DES GÉNÉRAUX
gne du Nord le constate ; mais elle s'empresse d'ajouter que « la plume et l'épéesont aujourd'hui en parfait accord ; elles convergent, dit-elle, au même but, elles s'inspirent de la même pensée ». Cette pensée, la Gazette de la Croix, l'organe militaire, nous la révèle avec une morgue hautaine. « La moralité de la capitulation de Metz, dit-elle, ne saurait échapper aux Français, pour peu qu'ils n'aient pas perdu toute raison, et qu'ils laissent au pays le soin de se manifester librement et collectivement, Il est impossible, en effet, ajoute-t-elle, qu'ils ne reconnaissent pas l'inanité de leur résistance et qu'ils n'acceptent pas leur défaite comme un fait accompli avec la résignation qu'ils ont si souvent prêchée à d'autres peuples, comme le premier devoir d'une nation civilisée. Les hommes qui se sont emparés du pouvoir, à Tours et à Paris, ont assumé sur eux la plus terrible des responsabilités; ils devraient comprendre, enfin, qu'opposer des masses indisciplinées et inexpérimentées à des armées régulières n'est rien de moins qu'un crime. — Peu nous importe après tout, dit-elle, en terminant, si la France veut à tout prix persister dans son aveuglement et refuser obstiné-
LA CAPITULATION DE METZ
ment à reconnaître la portée de la capitulation de Metz ; elle en subira les conséquences dans toute leur rigueur. » — Tels sont les sentiments que notre résistance inspire au parti militaire. Inaccessible à toute notion de générosité, il ne. sera satisfait que lorsque, par notre ruine complète, il nous aura, suivant le programme de M. de Bismarck, « rendus à jamais impuissants » .
31 Octobre 1870.
La reddition de Metz n'a pas seulement des conséquences militaires, elle renverse du même coup les combinaisons politiques qui se poursuivaient ténébreusement pendant ces dernières semaines. Le maréchal Bazaine croyait en être le pivot, il n'en était que l'instrument. Instruit par le prince Frédéric-Charles, avec une déférence calculée, des événements du 4 septembre, il se refusa à reconnaître un gouvernement issu de la révolution et