‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 117 sur 198 · LA MISSION DU GÉNÉRAL FLEURY · texte numérisé non relu

LA MISSION DU GÉNÉRAL FLEURY

impérial. Elle a précipité les événements, en révélant au cabinet de Berlin les arrière-pensées de l'empereur. M. de Bismarck, en face du danger d'une entente éventuelle entre la France et la Russie, n'a plus hésité ; la guerre avec toutes ses nécessités s'est imposée à ses résolutions. Les missions extraordinaires ont les plus graves inconvénients ; elles ne se justifient que lorsqu'elles ont un but précis, immédiat, et que leur succès est en quelque sorte assuré d'avance. Le général Fleury était un homme considérable, il était le confident de l'empereur; son envoi en Russie devait mettre en éveil la diplomatie européenne, exciter les jalousies et les appréhensions de la Prusse. M. de Bismarck pouvait craindre que l'alliance de la France et de la Russie, qui avait passé par tant de péripéties, ne fût à la veille de se conclure. Sa situation à ce moment était des plus critiques. Les élections pour le Parlement du Nord et la seconde Chambre, fixées au mois de septembre, allaient se faire sur la question du dégrèvement des charges militaires ; le particularisme se manifestait bruyamment au Midi ; le prince de Hohenlohe était tombé du pouvoir en Bavière, sous le reproche

Page 1