‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 130 sur 198 · LA QUESTION DU LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU LUXEMBOURG

province d'origine germanique est toute disposée à rentrer dans le giron de l'Allemagne ; ce serait le vœu de la partie éclairée de sa population et l'intérêt de son commerce. La Gazette de Cologne veut bien reconnaître, toutefois, que revenir sur le protocole de Londres du 12 mai 1867 n'est pas chose aisée ; il faudrait l'assentiment des puissances signataires. Mais elle ne prévoit aucune difficulté sérieuse de ce côté; elle est convaincue que la France serait trop heureuse de s'y prêter si, en échange de son acquiescement, elle était relevée de certaines clauses de la paix auxquelles elle attacherait une importance plus grande.

Si l'annexion du Luxembourg à l'Allemagne devait nous assurer la conservation de l'Alsace, la question mériterait d'être prise en sérieuse considération, et les grandes puissances, qui, jusqu'à présent, ont si peu fait pour nous, n'hésiteraient pas, il est permis de le croire, à accéder à un arrangement qui nous préserverait du démembrement. Mais ce serait céder à des illusions de croire que le cabinet de Berlin, quel que soit son désir de déchirer une page récente et fâcheuse de l'histoire de sa diplomatie, attache assez d'importance à la possession du grand-duché pour

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