‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 131 sur 198 · LXXV1II · texte numérisé non relu

LXXV1II

7 Novembre 1870.

Ce n'était pas assez pour l'orgueil prussien de réunir en congrès, à Versailles, les ministres des États du Midi; on paraît vouloir nous infliger une humiliation plus grande encore en y convoquant le Parlement du Nord. On rattacherait à cette idée la présence au quartier général de M. de Bennigsen et des chefs des différentes fractions duReichstag1. Sera-t-elle réellement mise à exécution? On en doute, tant elle paraît étrange, sinon grotesque. Mais elle n'en a pas moins été conçue1 et peut-être même discutée en conseil.

1. « J'ai fait venir Bennigsen, Freudenthal, Brackenbourg, a dit M. de Bismarck, pour connaître leur opinion sur la convocation du Parlement à Versailles. Tout ce qui se passe est si imprévu, si merveilleux, que l'on peut s'attendre à tout. Il se pourrait qu'on vît le Reichstag siéger à Versailles et Napoléon réunir à Cassel le Corps législatif pour sanctionner la paix; car les anciens députés du Corps législatif sont restés légalement les ttuls représentants du pays. » M. Busch.

l'armistice 279

« Un Parlement à Versailles, s'écrie le journal de M. de Bennigsen, ce serait bien la constatation la plus frappante du triomphe de l'Allemagne sur la France ! »

« Un Parlement, délibérant au milieu des armées, quelle honte ! » réplique la Gazette de Francfort.

8 Novembre 1870,

Le télégraphe annonce ce matin la rupture des négociations ouvertes à Versailles avec M. Thiers en vue d'un armistice. M. de Bismarck a donc atteint son but ; il est parvenu, comme il le voulait, à donner le change aux gouvernements neutres et à l'opinion publique européenne sur ses intentions pacifiques. Les concessions qu'il nous faisait étaient, il faut le reconnaître, des plus inattendues. On y était si peu préparé, que la Gazette nationale de Berlin se demandait déjà avec inquiétude si les intérêts de l'Allemagne n'allaient pas

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