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LES ARRIÈRE PENSÉES DE M. DE BISMARCK

avaient émises, pour rendre tout arrangement impossible. Ses prévisions n'ont pas été déjouées. Il ne manquera pas de prétendre aujourd'hui, que le gouvernement de la Défense nationale, pour se maintenir au pouvoir et sauver sa popularité, a préféré sacrifier l'existence de la France, plutôt que de laisser le pays, dont il redoute le verdict, se consulter librement. Il dira, et ses journaux l'insinuent déjà, que l'Allemagne, conciliante à l'excès, a été forcée, malgré elle et contrairement à ses instincts, de relever le défi audacieux que la Révolution ne craint pas de jeter à l'Europe entière , en méconnaissant les avis désintéressés des grandes puissances.

Il ne faudrait donc pas nous étonner, si l'opinion publique au dehors, sous l'action de la presse inspirée par le cabinet de Berlin, se retournait contre nous et nous reprochait de ne céder qu'aux entraînements de la passion, au lieu de nous rendre un compte exact du péril de notre situation.

Je prévoyais ce résultat, si regrettable pour notre influence morale, peu de jours avant l'ouverture de ces négociations, convaincu, comme je l'étais, que la Prusse ne ferait à la paix au-

l'inconvénient des négociations

cune concession sérieuse, tant que Paris n'aurait pas capitulé. Voici, en effet, les réflexions que j'émettais à la date du 25 octobre, et que l'événement n'a que trop justifiées:

« Les démarches qui ont été tentées dans ces derniers temps, à titre privé ou par voie diplomatique, en vue d'un armistice, ont contribué, on ne saurait le nier, à développer puissamment, dans toute l'Europe, le sentiment de la paix. Sous ce rapport, elles nous ont donc été véritablement utiles; mais, si ces tentatives n'ont été autorisées et même encouragées par M. de Bismarck qu'avec l'arrière-pensée de les faire échouer par des conditions en apparence conciliantes, mais en réalité inacceptables , on peut se demander s'il n'y a pas pour nous plus d'inconvénients que d'avantages à continuer des pourparlers sans issue.

» Il suffit de lire les journaux inspirés par le gouvernement prussien, tant à l'étranger qu'en Allemagne, pour voir tout le profit qu'il en retire. Il s'en prévaut, en effet, pour exalter sa modération et rejeter sur nous tout l'odieux de la guerre. C'est ainsi que l'entrevue de Ferrières et l'intervention du général Burnside lui ont

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