M. DE BISMARCK ET L'ANGLETERRE
9 Novembre 1870.
On a été frappé généralement de l'accueil courtois et empressé que M. de Bismarck a fait à la démarche du gouvernement anglais. Les rapports aigres-doux que les réclamations au sujet de l'exportation des armes de guerre avaient provoqués entre les deux cabinets, et le langage peu encourageant que le chancelier avait opposé, jusqu'à présent, à la diplomatie anglaise, toutes les fois qu'il s'agissait d'intervention, n'étaient pas de nature, en effet, à faire pressentir que la dépêche de lord Granville serait l'objet d'une réponse aussi chaleureuse et surtout aussi conciliante. On en a conclu, ne s'en tenant qu'à la lettre de ce document et non pas à la pensée perfide qui l'avait dicté, que la Prusse était disposée enfin à faire à la paix les plus larges concessions. C'est ce qui a fait que partout on a salué la proposition d'armistice comme l'événement précurseur et infaillible de la cessation de