‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 138 sur 198 · LES RESPONSABILITÉS · texte numérisé non relu

LES RESPONSABILITÉS

comme le représentant le plus ardent du patriotisme français1, et elles lui ont permis d'affirmer hautement, avant de donner suite à ses sinistres projets, qu'elle est allée, dans son amour de la paix et dans son désir de répondre aux vœux de l'Angleterre, jusqu'à la dernière limite des concessions. L'entrevue de Ferrières, la médiation officieuse du général Burnside, l'offre d'un armistice de vingt-huit jours, sans parler des pourparlers mystérieux de Metz, et enfin la promesse, faite sans conditions aucunes, de laisser s'accomplir librement les opérations du scrutin dans tous les départements occupés, ne sont-ce pas là des témoignages irrécusables de sentiments conciliants? Aussi la responsabilité de la Prusse est-elle dorénavant complètement dégagée, et personne ne saurait en bonne con-

1. M. Busch. «M. Thiers, dit le chef, est un homme aimable, intelligent, malin, spiritual; mais, chez lui, pas trace de diplomate. 11 est trop sentimental pour le mélier. C'est certainement une nature plus distinguée que celle de Jules Favre ; mais ce n'est pas l'homme qu'il faut pour discuter une ailaire,pas même un achat de chevaux. 11 se laisse facilement impressionner, il trahit ce qu'il éprouve, il se laisse sonder. C'est ainsi que j'ai su de lui une foule de choses. Je crois qu'il a l'intention d'écrire encore un livre d'hisloire ; car, dans nos conversations, il parle de choses fort étrangères à nos affaires. »

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