‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 151 sur 198 · M. DE BISMARCK COMPLICE ET ARBITRE · texte numérisé non relu

M. DE BISMARCK COMPLICE ET ARBITRE

LXXXYI

14 Novembre 1870.

La presse allemande qui surveillait naguère tous les mouvements du cabinet de Pétersbourg avec une anxieuse défiance et qui, à la veille de la guerre, entretenait encore, avec les organes du parti moscovite, une polémique des plus irritantes, au sujet de la russification des provinces de la Baltique, évite aujourd'hui, avec une circonspection significative, de s'associer aux appréciations sévères que la circulaire du prince Gortschakof a soulevées en Europe. Lejournalisme allemand est des mieux disciplinés, mais il n'en serait pas moins difficile à M. de Bismarck de lui faire accepter, sans mot dire, les procédés du cabinet de Pétersbourg, si l'Allemagne n'avait pas conscience des services que lui a rendus la Russie dès le début de la guerre, et des embarras qu'elle pourrait lui susciter, en intervenant, au nom de l'équilibre européen menacé, dans le règlement de la paix. On peut donc dire, en face de cette

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