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LXXXVIII

16 Novembre 1870.

La Bavière résiste toujours; il lui en coûte de renoncer à un passé glorieux et de se placer sous la coupe des Hohenzollern ; mais, dominée par les événements, elle sera forcée, malgré les services rendus par son armée, de sacrifier aux passions unitaires une partie de son indépendance. Il faudra avant tout qu'elle se soumette à l'inexorable nécessité de reconnaître l'empire germanique, à moins de rompre avec l'opinion publique allemande et de se créer une situation périlleuse. Ses intérêts sont trop enchevêtrés avec ceux de l'Allemagne pour qu'elle puisse, sans l'appui d'une puissance étrangère, affirmer une politique autonome. D'ailleurs, ses divisions intérieures sont trop profondes pour lui permettre de continuer les traditions de sa diplomatie. Plus le parti patriotique marquerait des tendances exclusives, plus le parti national, par haine de l'ultramontanisme, affirmerait le sentiment de l'unité. La Bavière a pu, au prin-

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