‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 156 sur 198 · LA MISSION DU PRINCE OTTO · texte numérisé non relu

LA MISSION DU PRINCE OTTO

temps dernier, résister aux sollicitations de M. de Bismarck et s'opposer à la proclamation de l'empire. Elle ne peut plus s'y refuser aujourd'hui, tout indique, d'ailleurs, qu'elle y est résignée. Reste à savoir si elle entrera dans la confédération du Nord. Son refus, si la mission du prince Otto, envoyé du quartier général, à Munich, ne devait pas amener une transaction, serait un événement considérable, qui pourrait bien ne pas rester sans influence sur les déterminations du Wurtemberg. Ce serait une déception de plus pour les nationaux, qui ont la candeur de s'imaginer que la Prusse n'a entrepris la guerre que dans le but de se fondre dans l'Allemagne et d'assurer leur avènement au pouvoir.

On aurait renoncé définitivement à l'idée de convoquer le Reichstag à Versailles, voire même à Strasbourg. La session s'ouvrira donc, vers la fin du mois, à Berlin, sans grande solennité, dans la salle de la Chambre des seigneurs.

308 l'angleterre et l'armistice

17 Novembre 1870.

Le gouvernement anglais, en proposant l'armistice et en usant de toute son influence pour nous décider aux négociations de Versailles, a été, pour nous, ce qu'on appelle un imprudent ami. Il aurait dû, avant de nous le recommander aussi instamment, et de se rendre en quelque sorte garant des bonnes dispositions de la Prusse, en débattre et en préciser les conditions essentielles avec M. de Bismarck, et ne pas lui permettre, alors qu'il nous voyait disposés à faire à la paix des sacrifices inattendus, de remettre tout en question, en se retranchant subitement derrière des conditions stratégiques. Mais il semblerait que la diplomatie britannique aii été en cette occasion plus préoccupée du désir de donner une satisfaction à l'opinion publique anglaise, qui commençait à s'impatienter de son effacement, que de contribuer efficacement à la conclusion de la paix. Je ne sais si lord Granville a réussi par ses démarches à satisfaire entièrement aux exigences de sa politique intérieure, mais on a trouvé

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