LA RUSSIE ET NAPOLÉON
ces ne furent plus acceptées qu'avec un sentiment des plus défiants. On avait perdu toute illusion, on s'était convaincu que l'empereur n'oserait jamais se dégager des liens qui l'attachaient à l'Angleterre, dont il s'exagérait l'action politique et militaire, et dont le ressentiment aurait pu être fatal aux intérêts de sa dynastie. Toutefois, la mission confiée au général Fleury, vers la fin de l'année dernière, pouvait faire supposer qu'en face de la transformation de l'Allemagne et de la question de prépondérance, posée implacablement entre les deux pays, toutes les hésitations avaient enfin cessé, et que le confident de l'empereur emportait à Pétersbourg des instructions formelles en vue d'une alliance offensive et défensive. Ce furent du moins les appréhensions que cette mission extraordinaire provoqua un instant à Berlin *; mais notre ambassadeur avait à. peine pris possession de son poste, que l'empereur Alexandre, soit qu'il se fût dès les premiers entretiens assuré qu'aucune proposition sérieuse ne lui serait faite, soit qu'il fût déjà plus ou moins engagé avec le cabinet de Berlin, s'empressa d'en-
1 Voir appendice, n° 1. La mission du général Fleury.