LES PERPLEXITÉS A LONDRES
pelant aux Anglais qu'un de leurs ministres, lord Stanley, a déclaré le premier, au moment même où il venait de signer le protocole de Londres garantissant la neutralité du Luxembourg, que les garanties n'engageaient plus à rien de nos jours, qu'elles avaient tout au plus une valeur morale. La Russie ne ferait pas autre chose que de mettre cette doctrine en pratique; ce serait à l'Angleterre de décider si elle ne se sent atteinte que moralement par la circulaire russe, ou bien si elle entend donner à sa garantie une sanction matérielle. « Que fera le cabinet de Londres, demandent les journaux allemands ou, plutôt, qu'estil en état de faire ? » disent-ils. — Ce n'est pas M. Gladstone, si opposé en 1853 à la guerre de Crimée, qui prendra l'initiative d'armements, et encore moins M. Bright qui, dans l'intérêt de la civilisation, préférerait voir plutôt les Russes que* les Turcs à Constantinople.
Aussi pense-t-on généralement, en Allemagne, que l'Angleterre fera tout ce qui dépendra d'elle pour ne pas s'exposer à un conflit, aujourd'hui surtout que l'appui de la France lui fait défaut. On croit que loin de s'en prendre à M. de Bismarck et de lui reprocher d'être de connivence