A BREST
Le préfet maritime fut informé par le gouvernement de la Régence, quelques jours après la bataille
1. LES ALLIANCES DE L'EMPIRE EN 1869 ET 1870, PAR LE PRINCE NAPOLÉON BONAPARTE (JEROME).
« L'empereur crut avoir dans les lettres de François-Joseph et du roi d'Italie l'assurance que ces lettres pourraient, à un moment donné, servir de base à la rédaction d'un traité qu'on n'aurait plus qu'à signer en quelques jours. L'événement a prouvé que c'était une grave erreur. Mais, il faut le reconnaître, la conduite des deux représentants à Paris, de l'Autriche et de l'Italie, était bien faite pour illusionner l'empereur. Ces deux envoyés, dans des conversations particulières, dans des épanchements intimes très explicites, affirmaient à ce point les bonnes dispositions de leurs gouvernements qu'ils les engageaient plus qu'ils n'y étaient autorisés. Les rapports fréquents et directs que M. Nigra et le prince de Metternich avaient aux Tuileries ont évidemment égaré 1 empereur et son entourage. Ils ont créé et entretenu des espérances trompeuses Tel est le danger de ces relations trop intimes et trop personnelles entre un souverain et des ministres étrangers. Les motifs les plus frivoles, dans ce commerce avec les Tuileries, où ils cherchaient à plaire, ont pu conduire les représentants de ces deux cours à faire croire à l'Empereur qne l'alliance de leurs gouvernements serait plus facile à obtenir qu'elle ne l'était en réalité. »
L'auteur se réserve d'élucider la question des alliances dans son second volume : L'Italie, 4870-1871.
(Note de l'éditeur.)
de Frœschwiller, que la Banque de France lui expédierait cinq cents millions en or (*), les valeurs en dépôts et les diamants de la couronne. Le reste du numéraire était envoyé dans les succursales. Le gouvernement s'en remettait à l'amiral du soin de trouver dans le port un endroit sûr; il lui prescrivait une absolue discrétion. — La discrétion fut admirablement observée, si bien, que personne, pendant toute la durée de la guerre, ne se douta que le port de Brest était le dépositaire d'une partie de la fortune et du crédit de la France. L'amiral chargea le lieutenant de vaisseau de Lonlay de diriger seul et personnellement le travail du transbordement. On choisit une ancienne galerie souterraine, abandonnée, à l'entrée du port militaire, à proximité d'un embranchement du chemin de fer. — Les wagons portaient en grosse inscription : matières explosibles, projectiles dangereux. Ces inscriptions juraient étrangement avec le cachet de la Banque de France étourdiment apposé sur les portes. On avait cru bien faire, en affublant d'un costume de francs-tireurs les garçons de recette qui escortaient le premier convoi. L'idée ne fut pas heureuse, elle faillit tout compromettre : les ouvriers du port prirent les francs-tireurs de la Banque de France pour des soldats prussiens et, sans la présence d'esprit du lieutenant de Lonlay, les wagons eussent été pris d'assaut. — Après cette aventure, les convois