LES PRÉOCCUPATIONS DE L'ANGLETERRE
24 Septembre 1870.
Les sympathies qu'inspirent nos malheurs s'accentuent en Angleterre ; le discours que M. Bruce, l'un des sous-secrétaires d'État, vient de prononcer devant ses électeurs, prouve qu'elles s'imposent à la politique du cabinet. Le Times, qui ne s'inspire plus qu'au quartier général prussien, a beau s'adresser à l'égoïsme britannique, accabler de sarcasmes les homélies de sir Henri Bulwer, et prétendre qu'il n'y a rien à faire qu'à se croiser les bras, le ministère n'en n'est pas moins forcé d'agir, en voyant l'opinion se retourner vers la France. Il promet d'intervenir et de réclamer un armistice qui nous permettra de procéder à des élections et de substituer un gouvernement régulier issu du suffrage universel, au gouvernement de la Défense, que récuse l'Allemagne. Tout dépendra de l'ardeur de ses démarches. Les nouvelles de Russie pourraient bien les rendre actives, pressantes. Elle