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CONSÉQUENCES DE L'ENTREVUE DE FERRIÈRES

nion et s'efforcent de s'assurer son concours ; mais jamais un homme d'État aux tendances féodales n'a su faire de la presse, une conquête toute moderne, un instrument de domination plus puissant et plus savamment organisé.

28 Septembre 1870.

Si le gouvernement de la Défense nationale avait pu se douter des arrière-pensées du cabinet de Berlin1, et si, de sang-froid, il s'était rendu compte de nos ressources militaires et

1. La tactique de M. de Bismarck était de se montrer comparativement très coulant sur les conditions de l'armistice et très insistant sur les cessions territoriales. Il se donnait ainsi le mérite, aux yeux de l'Europe, d'être très désireux de la paix, en même temps qu'il mettait M. Jules Favre et ses collègues dans l'impossibilité d'accepter l'armistice. Aussi l'Allemagne s'en prenait-elle à notre aveuglement, tandis que l'Angleterre rendait hommage à la modération de la Prusse. Les journaux anglais ne voyaient que les conditions de l'armistice qui devaient arrêter la guerre sans s'arrêter aux conditions qui devaient assurer la paix. Il importait à la diplomatie prussienne de nous engager dans une négociation, persuadée qu'une fois que nous aurions déposé les armes, nous ne les reprendrions plus.

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des dispositions de l'Europe, il n'eût pas sollicité l'entrevue de Ferrières sans s'être résigné à de durs sacrifices. Les éloquentes protestations de M. Jules Favre auront, à juste titre, un profond retentissement en France ; elles exalteront son patriotisme ; mais elles seront méconnues à l'étranger, dénaturées par la presse allemande; elles serviront d'argument au ministre prussien auprès des puissances pour leur démontrer, si elles étaient tentées de s'entremettre, que les hommes qui détiennent le pouvoir à Paris, adonnés à d'aveugles illusions, ne consultent que leurs passions.

L'habileté de M. de Bismarck aura bien servi le parti militaire ; il pourra désormais continuer la guerre à outrance, sans crainte d'intervention, avec toutes les apparences de la modération.

On prétend, il est vrai, que le chancelier serait animé d'un grand esprit de conciliation, et que si, à Ferrières, il a posé des préliminaires peut-être excessifs, c'est uniquement par déférence pour son souverain, auquel il répugnerait d'entrer en négociations sérieuses avec un gouvernement issu de la révolution. Le roi craindrait que la consolidation de la République

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