CONSÉQUENCES DE LENTREVUE DE FERRIÈRES
en France n'exerçât une propagande dangereuse en Allemagne, où le parti démocratique, allié aux éléments socialistes , prendrait un développement inquiétant. Ces raisons, alléguées par des correspondances officieuses et colportées dans les chancelleries, ne servent en réalité qu'à masquer les passions militaires qu'on ne saurait révéler au grand jour sans s'aliéner le sentiment public en Europe.
C'est toujours le même jeu : un ministre éclairé, modéré, aux prises avec les préjugés d'un souverain opiniâtre. On sait ce que valent les préjugés monarchiques du roi Guillaume et le parti qu'en tire M. de Bismarck, lorsqu'il s'agit de l'agrandissement de la Prusse. On invoque le droit divin lorsqu'on veut refuser la paix, et l'on s'allie à la révolution lorsqu'on veut provoquer la guerre. Tandis qu'on négocié officiellement à Ferrières, on cherche secrètement à ouvrir des pourparlers à Hastings. C'est le moyen le plus sûr de continuer la lutte, de paralyser les gouvernements neutres, de jeter la confusion dans les idées en France, de réveiller l'esprit de parti et de consommer notre ruine en fomentant la guerre civile.
Notre situation est réellement douloureuse, placés, comme nous le sommes, dans une implacable alternative : ou de nous laisser démembrer et rançonner à merci, ou de lutter jusqu'au bout dans les conditions les plus inégales. Les luttes désespérées sont parfois le gage d'un relèvement futur ; mais encore faut-il en appeler au pays et lui laisser le soin de décider, si, pour léguer un glorieux exemple aux générations à venir, il est résolu aux derniers sacrifices.
29 Septembre 1870.
Les journaux allemands se préoccupent, à l'occasion du voyage de M. Thiers, de l'intervention des puissances neutres. « Nous n'admettrons jamais, dit la Gazette de Cologne dans un article inspiré, l'intervention de l'Angleterre et de l'Autriche, qui, au lieu d'invoquer le traité de Paris et d'empêcher la guerre, se sont enfermées dans un égoïsme absolu, au point d'autoriser M. de