LA PRESSION GOUVERNEMENTALE
La convocation des collèges électoraux pour le 10 octobre à clone été saluée, par tous ceux qui nous portent des sympathies, comme un acte de haute sagesse, capable d'impressionner et de faire agir les puissances neutres, si réservées jusqu'à présent, même dans leur concours moral.
Le jour où la France sera sortie de la phase révolutionnaire, qu'elle traverse, et que son gouvernement, quel qu'il soit, s'appuiera sur une Assemblée nationale, issue du suffrage universel, nommée sans autre pression que celle des événements, les sympathies de l'Europe nous reviendront, sincères, efficaces. Mais je ne crains pas de le dire, si les élections devaient se faire sous l'empire de mesures dictatoriales1, où sous la menace des clubs, tels qu'il s'en est constitué à Lyon et dans quelques villes du Midi, l'opinion publique en Europe n'accepterait pas le résultat d'un pareil scrutin, comme l'expression des sentiments du pays, et les calculs de M. de
1. M. Gambetta écrivait à Jules Favre « que, sans l'exclusion des adhérents au régime impérial, les élections seraient funestes; mais malgré tous les désavantages, ajoutait-il, qui résultent de notre isolement et du caractère précaire de notre pouvoir, il vaut mieux tenir, combattre, plutôt que de provoquer un armistice et de procéder à des élections ».