‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 44 sur 198 · LES SENTIMENTS DE L ALSACE · texte numérisé non relu

LES SENTIMENTS DE L ALSACE

de la Silésie et des provinces rhénanes protestent, il est vrai; ils redoutent la concurrence de Mulhouse, de Munster, de Guebwiller, de Wesserling, et il serait difficile de ne pas tenir compte de leurs réclamations ; mais, si l'Alsace reste momentanément exclue de l'union douanière, la Prusse n'en est pas moins remplie de sollicitude pour ses intérêts ; elle saura ménager la transition par de sages mesures; elle trouvera moyen d'assurer au commerce et à l'industrie des débouchés en France, par des stipulations spéciales insérées dans le traité de paix.

Est-il nécessaire de le dire? personne ne se laisse prendre à ces promesses, sauf quelques ambitieux subalternes, à qui tous les prétextes sont bons pour colorer leur défection. L'Alsace, dans son ensemble, reste consternée, inconsolable ; elle est atteinte dans ses sentiments, dans ses intérêts, dans ses habitudes. Tandis que l'Allemagne célèbre par de bruyantes démonstrations la reddition de Strasbourg, elle se raidit contre le destin, elle se sent blessée au vif dans toutes ses fibres.

Page 1