LES INTIMIDATIONS CONTRE LA PRESSE
par des menaces d'annexion éventuelle à la France, lui faire comprendre la nécessité de réagir contre les sympathies si marquées qu'on nous témoigne dans toute la Belgique.
Il serait donc téméraire, bien que des bruits d'armistice aient couru dans ces derniers jours, de se laisser aller à des illusions pacifiques. On est autorisé plutôt à conclure, des procédés violents du cabinet de Berlin, qu'il est résolu à poursuivre la guerre jusqu'à ses dernières conséquences, dût-elle se prolonger des mois encore. Loin d'aspirer à une pacification générale de l'Europe, il cherche, au contraire, à perpétuer entre l'Allemagne et la France des ferments de discorde, qui lui permettront de maintenir son système militaire et de se refuser à la transformation nationale et constitutionnelle que réclame l'opinion. Ces conclusions s'imposent à tous ceux qui connaissent les tendances intimes de la Prusse et du parti militaire. C'est pour éviter le retour de ses embarras intérieurs et pour se soustraire, autant que possible, aux exigences constitutionnelles des partis, que M. de Bismarck, d'accord avec le roi et avec ses généraux, poursuit la guerre à outrance; c'est aussi