‹ Souvenirs dramatiques (volume 2)Chapitre 6 sur 51 · ET LES HOMMES D'ÉTAT · texte numérisé non relu

ET LES HOMMES D'ÉTAT

Depuis la révolution de 1830, nos ministres ont eu îsoin d'étayer tant de vieilles choses et d'étrangler tant 3 principes nouveaux, que, dans la lutte acharnée que îaque cabinet a soutenue à son tour, pour défendre m existence éphémère contre l'opposition éternelle, grande question des arts et surtout des lettres a conamment été reléguée au dernierplan ou mise en oubli, est ce qui fait qu'au fur et à mesure que le terrain ouvant de la France se consolide sous le trône de la ynastie du 9 août, à l'aspect de chaque combinaison buvelle qui se forme, un espoir nouveau renaît au pur de ceux qui, ardemment préoccupés de l'amour h pays, voudraient voir le front de la grande déesse idieux de toutes les gloires et ceint de toutes les coupnnes. Mais, il faut l'avouer, jusqu'à ce jour, l'espoir a'if et renaissant de ceux-là fut toujours rapidement

déçu, et chaque soleil levant, rappelant bientôt à lui ses rayons épars pour les concentrer à son midi sur quelques questions de vitalité personnelle, s'est éteint, sans rien féconder, dans les brouillards politiques de son rapide couchant. Presque tous impopulaires déjà par leurs théories, les cabinets se sont faits, en arrivant au pouvoir, impopulaires par leurs actes; et, ne pensant à prendre racine que dans des intérêts bas et personnels, ils se sont trouvés sans appui aussitôt que leur chute probable menaça de compromettre leségoïsmes sur lesquels ils s'étaient implantés. Aussi, tous ont chancelé, les uns après les autres, sans qu'une main libre s'étendît pour prévenir leur chute; aussi tous sont tombés, chacun à son tour, sans qu'une voix indépendante s'élevât pour faire leur éloge funèbre. Quant aux mains souillées et aux voix vendues, les nouveaux venus les ont trouvées à chaque revirement, demandant, du geste et de la parole, l'aumône à la porte di ministère. Je ne sais pas si, depuis six ans, nous avon.( eu beaucoup de Fouquets, mais ce qu'il y a de certain c'est que leur disgrâce n'a trouvé ni un Pélisson ni ui la Fontaine,

Et cependant, parmi les noms qui sont venus s'inscrire successivement sur les listes ministérielles, il ; en avait deux qui donnaient des gages puissants à no espérances artistiques, et empressons-nous de le dire ceux-là ne nous ont point aussi complètement trompé que les autres : c'étaient ceux de M. Thiers et d M. Guizot. M. Thiers , courtisan adroit et spirituc avant tout, avait étudié les goûts personnels du chefd l'État, et s'était tracé d'après eux la ligne qu'il deva:

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