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assez extraordinaire, vu le degré de liaison où il en est avec Valdeja^et cette jeune fille étant sa belle-sœur.
Enfin!...
Adèle entre.
Elle a, envers son mari, cette fausse tendresse , cet empressement afî'ectéde la femme qui trompe.
Yaldeja, aux premiers mots, ne s'y méprend pas.
Adèle annonce à son mari qu'elle vient d'apprendre que son père est malade ; en conséquence, elle se propose de lui faire une visite; elle sera rentrée pour le dîner.
— Vraiment! Il est neuf heures du matin, dit Darcey, et à six heures tu seras rentrée ?
-- A moins qu'on ne me retienne ; ce pauvre père est si boni
— Il me semble qu'en envoyant Gréponne ou Baptiste s'informer de sa santé...
— Oh! ce serait d'une indifférence... Et puis, Clarisse, ma jeune sœur, m'a écrit : elle désire me voir, sans doute au sujet du mariage dont il est question pour elle, tu sais?
— Ah! mademoiselle votre sœur va se marier?
Et voilà Valdeja instruit que Clarisse va se marier, comme Clarisse a été instruite que Valdeja lui avait été infidèle. •
Après quoi, Adèle insiste tellement sur la maladie de son père, et sur ce que la lettre de sa sœur Clarisse contient de pressant, que son mari lui donne toute liberté d'aller où elle voudra.
Elle profite de la liberté avec tant d'empressement, que Valdeja prend des soupçons, prétexte des visites à faire, une letti^ d'un prince russe à remettre à un
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M. Laferrier, et va sortir au hasard pour suivre madame Darcey, quand on annonce que Clarisse vient d'arriver.
— Alors, répond Darcey, dites à Adèle que sa sœur est là.
— Madame est sortie.
— C'est étonnant! je n'ai pas entendu sa voiture, et il y a trop loin pour qu'elle aille à pied.
— Madame avait envoyé Baptiste à la place voisine pour faire avancer un fiacre.
— Un fiacre? C'est singulier ! dit Darcey.
Clarisse entre; son père n'est pas malade le moins du monde! — mais son honneur est sur le point d'être tué par une faillite. Il lui faudrait cent mille écus pour le sauver.
Valdeja les offre.
Mais Darcey ne souffrira pas qu'un étranger paye les dettes de sa famille : les cent mille écus sont mis par lui à la disposition du père de Clarisse.
Passons au tableau suivant, et vous allez voir si Adèle d'Hervey, — pauvre Adèle, contre laquelle on a tant crié, parce qu'elle était une femme honnête! — et vous allez voir, dis-je, si^ Adèle d'Hervey n'est pas une rosière près d'Adèle Darcey.
Rappelez-vous bien que notre confrère Scribe, auteur de Dix Ans de la vie d'une femme et d'Héloïse et Aheilard, est un des plus chauds partisans de la censure dramatique !
Le théâtre représente un boudoir élégant chez madame Laferrier. — Adèle est là, qui attend Rodolphe.
Vous avouez, n'est-ce pas, que je n'avais pas si grand
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ort de dire que madame Lafsrrier était une drôlesse.
Il y a même, je crois, un autre nom pour désigner les femmes qui prêtent leur boudoir aux amies, quand ces amies disent à leur mari que leur père se meurt, afin d'avoir la liberté d'aller voir leur amant.
Mais rassurez-vous, Adèle et Rodolphe ne se trouvent là que pour se brouiller.
Il est vrai que la brouille est suffisamment scandaleuse comme cela.
— Qu'avez-vous à me reprocher, madame?
— Yotre oubli de toutes les convenances. Avant-hier, par exemple, quand vous me donniez le bras, oser saluer sur le boulevard mademoiselle Anastasie, une figurante de l'Opérai
— Du chapeau seulement, sans mains, sans grâce, comme on salue tout le monde.
— Je l'avais vue déjà une fois sortir de chez vous.
— C'est ma locataire. J'aime les arts, moi...
— Je vous prie de me rendre mes lettres et mon portrait.
— Dès demain, mon valet de chambre Sylvestre vous portera vos lettres, et, quant à votre portrait, ce médaillon que j'avais fait faire, et qui ne me quittait jamais, le voici, madame.
— - C'est bien ! le voilà donc revenu dans mes mains. (L'ou- Trant pour le regarder.) Dieu! que vois-je! et quelle indignité! le portrait de mademoiselle Anastasie I
— Est-il possible ? C'est délicieux I Je me serai^trompé en le prenant ce matin. (Textuel.)
Et Rodolphe sort en baisant la main d'Adèle, en l'appelant « cruelle » et en lui promettant de ne jamais oublier ses bontés.
— Ce pauvre Rodolphe I un charmant cavaher! dit Améhe, qui était présente à l'entretien.
On conçoit qu'après les impertinences que s'est permises M. Rodolphe, Amélie a peine à faire revenir Adèle sur le compte de ce charmant cavalier. Peut-être, cependant, va-t-elle y réussir, quand le nom de Valdeja est prononcé. Cet incident donne un autre cours à la conversation.
— Yaldeja! s'écrie Amélie; l'ennemi mortel de Sophie Marini ?
— Lui-même... Sais-tu ce que Sophie Marini a contre lui?
— Elle ne me l'a jamais confié; mais on prétend qu'autrefois elle Ta aimé» Puis il a découvert qu'il avait des rivaux, et il s'est vengé d'une manière indigne.
— Gomment cela?
— En la faisant trouver à un dîner oii il avait invité tous ceux qu'elle avait préférés. On ne dit pas combien il y avait de couverts. (Textuel.)
Sur ces entrefaites, arrive Gréponne, la femme de chambre d*Adèle. Il y a six heures qu'elle cherche sa maîtresse de tous cotés : chez Rodolphe, chez madame Marini. Clarisse est venue à la maison, elle a tout dévoilé : son père n'est point malade, et elle n'avait point écrit !
Que faire?
Par bonheur, Amélie est là.
— Y a*t-il longtemps que vous n'êtes allés, toi et ton mari, chez madame de Longpré, dont tu me parles souvent?
— Quinze jours environ.
— Assieds-loi là, et écris.
— Que veux-tu que je lui écrive?
— Assieds-toi toujours. (Dictant.) « Si, avant de m'avoir vue, le hasard vous mettait en rapport avec mon père ou mon mari, n'oubliez pas que je suis arrivée aujourd'hui chez vous