‹ Souvenirs du capitaine DesboeufsChapitre 3 sur 121 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

pressaient autour de leur ancien chef; on s'écrivait, on parlait librement des combats et des gloires de la grande époque. Le 14 décembre i836, mon grand-père écrivait au colonel Boudonville, gendre de l'académicien Jouy : « Un silence de vingt-deux ans ne vous aura pas fait ou- « blier celui qui, nommé sous-lieutenant, lieutenant et « capitaine le même jour que vous, vous précédait au ré- « giment. Une amitié qui a pris naissance au sein de la « pension des Dix n'a rien à craindre du temps, et « comme moi, j'en suis bien sur, vous ne sentez de véri- « table attachement que pour vos anciens compagnons « d'armes. Quels souvenirs pourraient vous offrir des « connaissances de salon qui ne s'éclipsassent devant les « faits et gestes de l'immortelle pension ! Ces bourgeois « au cœur froid et intéressé ont-ils partagé avec vous les « plaisirs du camp de Krems, la faim de Sluïn, les poules « des Turcs, les confitures des nonnes de Puente, la nuit « funèbre de Sarrion, le palais d'Ailiers J? Vous ont-ils « vengé des arrêts de l'insolent Barbereau? Qu'ils s'éloi- « gnent donc, et nous laissent nous embrasser tout à « notre aise.... »

C'est vers cette époque (i836) que, l'éducation de ses deux fils terminée, ses filles établies 2, le capitaine Des-

i. On ne trouvera trace, dans les Souvenirs, ni de la pension des Dix, à Neustadt, ni du palais d'Ailiers. Il'y a eu, sans doute, une première rédaction dans laquelle, plus tard, l'auteur aura pratiqué quelques coupures. Les « plaisirs du camp de Krems » sont décrits pages 122 et suiv.; la « faim de Sluïn », allusion aux souffrances éprouvées dans la marche de Raguse vers Wagram, voir page io5. Cette localité n'est pas nommée, mais elle se trouve située sur le trajet parcouru. Pour l'incident relatif à Barbereau et ses conséquences, voyez page i'38.

2. L'un de ses lils entra à l'École polytechnique et devint officier d'ar-

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