‹ Souvenirs du capitaine DesboeufsChapitre 4 sur 121 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

bœufs, privé de ses auditeurs ordinaires, voulut laisser aux siens un témoignage durable de sa vie militaire. Tous les récits qu'il en avait faits maintes fois le préparaient à les écrire ; depuis quelque temps, il rassemblait des notes, les classait, mettait en ordre ses souvenirs.

L'auteur songe à ses enfants plutôt qu'au public ; aussi s'arrête-t-il complaisamment au récit de ses souffrances et de ses fatigues. Soldat ou officier, il ne cherche pas à dépasser sa modeste sphère; il se contente de les décrire avec fidélité. La franchise et la sincérité du récit donnent à sa physionomie tout son relief: ce n'est plus le capitaine Desbœufs qui parle : c'est le soldat, le sous-officier, l'officier obscur de l'époque qui revit en lui, avec ses défauts ordinaires et ses admirables qualités. Ses défaillances du début, ses hésitations, ses premières fautes s'effacent bientôt : un rude apprentissage transforme le petit traîneur d'Italie, et le beau sergent de Dalmatie et de Wagram calme bientôt son ardeur en prenant la responsabilité de l'officier. On oublie quelques détails, mesquins peut-être, de cette odyssée de troupier, pour saisir la vie du soldat dans son cercle régimentaire, dans les devoirs du service, dans les rigueurs de la discipline, jusque dans le soin des armes et de l'équipement. Loin de leur famille, loin de leur patrie, sans souci du lendemain, ces héros modestes songeaient à bien combattre plutôt pour la gloire et la grandeur de leur pays qu'avec la perspective d'un avancement incertain.

Ainsi se trouve retracée l'histoire intime d'une vie mi-

tillerie; l'autre fut professeur à Lille. Une de ses filles épousa le colonel Artus, qui se distingua dans les guerres de Crimée et d'Italie.

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