‹ Souvenirs du capitaine DesboeufsChapitre 49 sur 121 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

forcer le premier de tous le passage de Dratchnitch, et qui se souvenait de la mission périlleuse dont je m'étais acquitté l'avant-veille, me recommanda au colonel et le chargea de m'avancer. Un mois après, je fus nommé sergent de grenadiers (ier août 1807).

Nous rentrâmes à Macarsca, où le reste du régiment revint aussi après avoir battu les Russes et tué trois à quatre cents rebelles à la Poglizza. Les Morlaques, qui nous avaient toujours regardés avec mépris, parce que nous ressemblions, disaient-ils, à des femmes, au lieu de nous considérer, après leur défaite, avec la haine quinspirent des vainqueurs dans une guerre à mort, nous témoignèrent au contraire de la bienveillance. Eux, qui n'avaient jamais daigné nous saluer, étaient alors leurs barrettes de loin et s'inclinaient d'un air gracieux. Ce n'était ni par crainte ni par faiblesse, mais parce qu'à l'exemple de tous les peuples barbares, ils regardent la valeur comme la première des vertus, comme la seule digne d'hommages l.

1. J'étais peiné de voir des hommes si fiers s'incliner si bas devant nous. Au salut d'un digne vieillard, je m'arrêtai, et lui pressant la main, je lui dis en illyrien : « Frère, les Français et les Dalmates sont frères. — Oui, oui, me dit-il, me rendant mon étreinte, tous les braves sont frères. »

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