‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 12 sur 61 · C. SCHMID, CURÉ d'oBERSTADION · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CURÉ d'oBERSTADION

un individu avait coutume de précéder, une lanterne à la main, les personnes qui s'en retournaient à la maison et qui le suivaient en priant. Les jeudis soirs, pendant le carême, on apercevait des groupes nombreux de fidèles qui, retournant chez eux, traversaient les plaines et les montagnes une lanterne à la main.

Quant aux revenus considérables de l'église de Stadion, dus à la munificence du chevalier de Stadion, en 1458, Schmid, en sa qualité de président du conseil, en fit un emploi entièrement conforme aux intentions du donateur. Il administra également avec beaucoup de sagesse la fondation des pauvres, sans négliger d'aider les malheureux de ses propres ressources, lesquelles, étant plus abondantes qu'auparavant, lui permettaient de faire plus de bien. Plusieurs pauvres recevaient du presbytère du vin et une excellente nourriture. La sœur de Schmid, qui faisait toujours la cuisine elle-même, ne rougissait point de porter de ses propres mains de la soupe et de la viande dans la cabane des pauvres, qu'elle exhortait en même temps à endurer patiemment leurs souffrances et à élever leurs pensées vers le ciel.

Il n'y avait pas jusqu'aux malades aisés, mais dont les familles étaient incapables de leur fournir une nourriture convenable, pour lesquels, sur la demande de son frère, elle ne préparât à manger.

Schmid fit surtout un bien immense pendant la cherté qui éclata en 1817.

Il disait lui-même à ce sujet : ce C'était une année affreuse; le prix du blé s'était élevé à des proportions immenses. Une association de bienfaisance fut organisée. Dieu veuille en récompenser sainte Catherine dans Fautre monde ! Un district spécial m'ayant été assigné, j'y travaillai avec plaisir, ou plutôt avec un zèle de feu. Mes confrères, les instituteurs, les écoliers et jusqu'aux femmes étaient obligés de transcrire les rapports, propositions, tableaux et enquêtes que je faisais. Je me réjouis à la pensée du bien qui s'opéra. »

A la fin de la disette, les autorités gouvernementales écrivèrent à Schmid pour le féliciter de sa sollicitude envers les pauvres.

Mais c'était surtout sa générosité, aussi libre que désintéressée et pure de toute considération accessoire, qui lui avait gagné les cœurs de ses paroissiens. Ils le prévenaient par des témoignages d'affection et de respect, et étaient fiers d'avoir un pasteur aussi dévoué. Leur attachement se manifesta un jour de la manière suivante, qui est entièrement dans le goût des gens de la campagne. Le maire de la paroisse reçut une communication officielle dans laquelle on l'invitait à abolir une ancienne et pieuse coutume qui existait dans l'église. L'invitation portait cette menace que, si le curé montrait de la né-

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