‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 13 sur 61 · C. SCHMID, CUHÈ d'oBERSTADÎON · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CUHÈ d'oBERSTADÎON

gligence dans cette affaire, il devrait s'attendre à un châtiment exemplaire. Schmid donna lecture de cette pièce au conseil communal. Lorsqu'il eut fini, tous les conseillers se levèrent avec indignation et s'écrièrent en frappant du poing sur la table : ce Ils n'ont qu'à vous toucher, monsieur le curé, seulement vous toucher! » Les paysans s'imaginaient que, par châtiment exemplaire, les autorités avaient voulu parler d'une peine corporelle.

Dans son rapport à l'autorité, Schmid, que cette scène avait fort égayé, la rapporta littéralement. Il ne vint point de réponse, et l'ancien usage continua de subsister.

Parmi les paroissiens de C. Schmid, il s'en trouvait sans doute qui ne suivaient point ses conseils et qui l'affligeaient par leur conduite scandaleuse. Comme il soupirait, comme il devenait saisi et consterné, quand il apprenait quelque chose de désavantageux sur le compte de l'un d'eux !

C'est ainsi, comme il le raconte lui-même, qu'un individu de sa paroisse lui occasionna pendant longtemps bien des soucis et des inquiétudes. Il n'y avait sorte de tours habiles qu'il ne fît, de vols qu'il ne commît. Plusieurs fois il fut enfermé dans la maison de correction. Ni les prières ni les exhortations ne servaient à rien. Un jour, il alla jusqu'à enlever une vache dans l'écurie du vicaire d'Unterstadion. Découvert et accusé en justice, il chercha à s'excuser

en disant « que cette vache appartenant à un vicaire qui avait de grands revenus, il n'en éprouverait presque point de dommage. » Comme on le conduisait dans la maison de correction, il rencontra chemin faisant, des soldats natifs de la paroisse de Stadion qui, ayant obtenu un congé, rentraient dans leurs foyers. Cet homme léger les saluant d'un air souriant : « Vous allez en vacance, leur dit-il; moi, je rentre. »

Retourné à la maison quelques années après, il tomba dangereusement malade. C. Schmid alla le trouver et le pria avec bonté de songer au salut de son âme; mais ce malheureux ne voulut entendre parler ni de conversion ni de mort. Il alla même jusqu'à dire à un paysan qu'il avait l'intention de faire venir le tailleur, afin de prendre mesure pour un habit. « Ce n'est pas le tailleur, lui répondit en souriant le paysan, que vous devez faire venir, mais le menuisier, afin qu'il vous prenne mesure pour une robe de bois. » Ce mot énergique, disait Schmid, emprunté à la langue du peuple, fit plus que toutes les exhortations. Le malade se convertit, et Schmid eut la consolation de le voir mourir dans des sentiments de repentir. Comme cet homme était connu dans toute la contrée pour sa vie aventureuse, une foule immense de peuple accourut à son enterrement. « Nous sommes curieux, disait-on, d'entendre quel sermon M. le curé prononcera à ses funérailles. »

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