C. SCHMID, CURÉ d'oBERSTADION
Ces deux amis se communiquaient leurs expériences dans le ministère des âmes et leurs vues sur les productions les plus intéressantes de la littérature. Le prélat avait une bibliothèque très -vaste, que Schmid utilisait avec soin. M. Walter était lui-même écrivain et avait rédigé sur son ancien couvent une intéressante chronique anonyme.
Dans la maison de Frédéric de Walter, Schmid fit la connaissance du peintre Huber, de Weissenhorn, beau-frère du prélat. Ce peintre, artiste célèbre dans toute la Bavière et la Souabe, fit, à la demande et aux frais du prélat, trois tableaux à l'huile et une foule de peintures à fresque pour l'église de Kirchbirlingen. Au moment où Huber travaillait à l'un de ces tableaux représentant la descente du Saint- Esprit, le prélat lui demanda quel était celui des apôtres qu'il croyait le mieux travaillé. Huber indiquant saint Pierre du bout de son pinceau : « Quand, répondit-il, M. Schmid verra cet ouvrage, il sera de mon avis. » Schmid étant arrivé ce jour même, le prélat le conduisit à l'église, et lui demanda lequel des apôtres lui semblait le mieux représenté. « C'est évidemment saint Pierre, répondit Schmid. »
Le prélat et l'artiste se regardèrent en souriant, et comme Schmid paraissait embarrassé, le prélat le mit au courant et le félicita de son talent artistique.
Cet artiste ayant peu de travail cette année-là, à cause de la cherté des vivres, Schmid lui com-
manda quatre grands tableaux à l'huile, dont les sujets étaient empruntés à l'histoire de Jésus-Christ; c'étaient : la Salutation angélique, la Salutation de sainte Elisabeth, Jésus au mont des Oliviers et YEcce Homo. Huber les exécuta avec beaucoup d'ardeur et entièrement selon l'esprit de l'Eglise. Le coloris, comme dans tous les tableaux de Huber, en est très-doux et très-délicat. Des cadres tout en or paraissant trop coûteux à Schmid, il ne fit dorer que les parties les plus évidentes, et fit peindre avec de la couleur jaune d'orange les moulures les plus profondes, ce qui produisit un excellent effet. Il les suspendit dans celle de ses chambres qui était destinée aux étrangers. Schmid fit encore faire à ses frais, par le même artiste, un tableau à l'huile pour l'église de Stadion, qu'il plaça sur l'autel collatéral du côté gauche. Il représente la naissance de Jésus-Christ; Marie tient l'Enfant sur son sein, Joseph est agenouillé devant lui, et les bergers, également à genoux, l'entourent et l'adorent. Ce travail est aussi parfaitement exécuté.
C. Schmid se rendait de temps en temps à la ville de Biberach, où il ne manquait jamais de faire sa visite au célèbre artiste Pflug. En été, à cause de ses souffrances rhumatismales, il allait souvent aux bains situés non loin de cette ville; il parcourut aussi la Suisse à la même époque. Il disait, dans une lettre, en parlant de ce voyage : « Parmi les