C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION
œuvres d'art, j'ai été surtout ravi d'un tableau exécuté par une femme artiste, nommée Ellenrieder, et, parmi les œuvres de la nature, des magnifiques perspectives qu'offre le Rigy. Comme je craignais beaucoup le mauvais temps, j'étais sans cesse attentif à la température; mais je finis par trouver que c'était folie de me tourmenter, même un seul instant, par cette préoccupation. La température fut extrêmement favorable; elle était surtout délicieuse au moment où nous nous trouvions dans ces belles contrées. Il en est des soucis de la vie comme des inquiétudes de voyage; il est facile de s'en convaincre. »
Schmid, pendant son séjour à Stadion, reçut l'une ou l'autre fois la visite de Sailer. A l'époque des vacances, les professeurs Drey et Eschenmayer, de Tubingue, allaient le trouver, de même que Demeter, alors curé de Sasbach, dans la province de Baden , et Wagner, doyen de Rottenbourg , tous deux disciples de Sailer.
Peu de temps après son arrivée à Stadion, Schmid fut nommé inspecteur des écoles du district ; mais comme il avait une paroisse considérable et qu'il ne voulait point renoncer à ses travaux littéraires, il refusa ces fonctions. Il se réserva simplement, sur le désir de son supérieur, le doyen Vanotti, alors curé d'Ehingen, plus tard doyen de Rottenbourg, de lire et de critiquer les conférences que les eccléu. 10*
siastiques de son chapitre étaient obligés de lui remettre deux fois dans Tannée, avant rétablissement des conférences sur la Théologie pastorale. En sa qualité de directeur, il s'efforça de donner aux conférences sur cette dernière branche une impulsion nouvelle. Elles avaient constamment lieu dans son presbytère, et, la séance levée, Schmid priait ses confrères de vouloir bien être ses hôtes. Dans le diocèse de Rottenbourg, il était d'usage que le doyen du chapitre donnât lui-même les questions à traiter. Schmid n'approuvait point cette mesure ; il pensait qu'on servirait mieux les intérêts de la science en laissant chacun libre de choisir et de traiter le sujet qu'il voudrait. « Ces sortes de travaux forcés, disait-il, dégénèrent facilement en compositions de style et en exercices scolaires sur des sujets le plus souvent rebattus. » Il ne parvint point à abolir cet abus. Schmid travailla également à affranchir l'Eglise de l'état d'asservissement où la retenait la bureaucratie.
Entre une foule d'anciens usages religieux, les pèlerinages ayant été défendus dans le Wurtemberg, et cela par ordonnance de police, le doyen du chapitre donna à cette occasion le sujet de conférence que voici : « Quelles sont les causes qui font courir les paroissiens dans des églises étrangères et qui favorisent ces excursions? » Schmid, en travaillant cette matière, blâma sincèrement les abus qui accom-