C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION
divin dans l'homme? Que si, à la sublimité et à la majesté du temple, au charme des mélodies, aux formes célestes reproduites dans les tableaux et les statues, se joignent la gravité et la pompe des cérémonies religieuses, quel est le cœur humain qui s'en retournera sans se sentir meilleur et sans se dire qu'il est autre chose qu'un peu de boue, qu'il est d'origine divine ! Qui oserait savoir mauvais gré à l'homme d'éprouver le désir d'y entrer une fois en sa vie et d'y assister à l'office divin ? Qui aurait le cœur, ou plutôt l'esprit assez étroit pour vouloir limiter son culte à une petite église de campagne, laquelle, pour me servir de l'expression d'un spirituel écrivain, s'élève derrière un misérable village semblable à un point d'exclamation?... » Et il terminait ainsi :
« Je ne saurais, en aucune façon, approuver ces sortes d'empiétements qui ont lieu çà et là de la part de la police. Si le haut clergé éloigne sagement les abus, si les ecclésiastiques d'un ordre inférieur font leur devoir en temps et lieu, tout se passera aussi bien que possible. En matière spirituelle, du moins en ce qui concerne les personnes arrivées à l'usage de raison, il est rare que la coaction physique amène de bons résultats. L'emploi des moyens violents, pour empêcher le peuple de courir à des églises étrangères, pourrait, surtout chez le peuple, qui ne fait point distinguer et qui juge tout in concreto,
avoir ce résultat malheureux, qu'au lieu de le faire assister aux offices de paroisse, on l'éloignerait de sa propre église, comme cela se voit dans les villes. Or, il n'y a pas de doute qu'il vaut encore mieux fréquenter une église étrangère que de n'en fréquenter aucune.
» Si intéressant qu'il puisse être de rechercher pourquoi le peuple fréquente des églises étrangères, il le serait davantage encore de découvrir pourquoi tant de gens qui se croient instruits n'en fréquentent aucune. Cette dernière question est manifestement plus grave et entraîne des conséquences tout autrement sérieuses. Le peuple lui-même ne laisse pas de s'en apercevoir et d'en faire de temps en temps la remarque, comme on le voit par cette épigramme qui court les rues :
Le curé : « Pourquoi, vous autres paysans, allezvous si volontiers dans les églises de villes? »
Le maire : « Parce que les messieurs ont la politesse de nous y laisser leur place. »
Schmid ne pouvait supporter les écritures dont le clergé du Wurtemberg était inondé à cette époque, comme il l'est de nos jours encore. Voici en quel sens il s'exprimait à cet égard dans une lettre adressée à Sailer :
« On désire généralement que nous ayons enfin un évêque, et que nous lui soyons entièrement soumis en matières spirituelles. Un grand nombre